Abstract
Thonis-Heracleion and Saïs, located close to each other geographically, have shared a common history over several centuries. Numerous bronze objects dating from the Twenty-Sixth Dynasty were brought to light in the northernmost waterway leading from the Canopic mouth east to west across Thonis-Heracleion. Among these artefacts are four bronze plaques engraved with the names of kings, one displaying an unknown Horus name in the frame of a serekh. Attempts to identify this king led to the establishment of a list of the rulers to whom this name might be attributed in view of the historical data and the archaeological results obtained on site.
Thônis-Héracléion et Saïs, proches l’une de l’autre d’un point de vue géographique, ont eu, pendant quelques siècles, une histoire commune. Plusieurs objets de bronze datant de la vingt-sixième dynastie ont été mis au jour le long de la voie d’eau transversale la plus septentrionale de Thônis-Héracléion qui menait d’est en ouest vers la ville à partir de l’embouchure Canopique. Parmi les artefacts, quatre sont des plaques de bronze gravées de noms royaux, et l’une d’elles donne, dans le cadre d’un serekh, un nom d’Horus inconnu. Les tentatives d’identification de ce roi amènent à dresser la liste des souverains auxquels ce nom pourrait être attribué, compte tenu des données historiques et des résultats archéologiques obtenus sur le site.
La ville de Thônis-Héracléion, située sur l’embouchure Canopique, au nord-nordouest de Saïs, dont elle est proche, 1 est intimement liée à l’histoire saïte de la Période Tardive. Les dynasties saïtes précèdent ce qu’on appelle la ‘Période Saïte’, allant de 664 av. J.C., l’avènement de Psammétique I, jusqu’à 525 av. J.C., le début de la première occupation perse. Elles débutent avec la lignée du dynaste et chef de guerre Tefnakht, qui opposa une résistance à l’occupation nubienne, et elles se terminent avec le règne d’Amyrtée, le premier et seul roi de la vingt-huitième dynastie. Avant que Psammétique I ne réunisse les Deux Terres, la prédominance territoriale du royaume de Saïs tire son origine du royaume de l’Ouest constitué par Tefnakht; 2 sa richesse résulte de plusieurs facteurs, d’abord naturelles: la branche Canopique irrigue les terres du 3e et du 7e nome, avec la région d’Imaou, célèbre pour la qualité de ses vins depuis l’Ancien Empire, 3 comme pour ses élevages de bovins. 4 Vers le sud, une route menait au Ouadi Natroun, dont le produit, très utilisé en Égypte, 5 était aussi exporté, de même que les papyrus, qui poussent en abondance dans ces régions marécageuses. Le développement du commerce et des échanges va faire de Thônis-Héracléion un emporion, et de la région de Saïs une grande puissance.
La position stratégique de ce port à la fois fluvial et maritime, contrôlant alors l’une des plus larges bouches du Nil, avec son ouverture au commerce international phénicien et surtout grec, a joué un grand rôle dans l’histoire de la région; elle a favorisé l’autonomie tant politique qu’économique du Delta occidental vers la fin de la vingt-deuxième dynastie et à l’époque koushite, 6 et elle explique la prospérité des dynasties saïtes.
Depuis la découverte et l’identification du port de Thônis-Héracléion submergé en Baie d’Aboukir, 7 les missions successives ont cherché à affiner la cartographie de cette ville, sise sur la rive ouest de l’ancienne branche Canopique, un peu en retrait de l’embouchure. Dresser la cartographie implique de déterminer ce qui était ‘terre’, et ce qui était ‘eau’, 8 dans cet inextricable mélange d’îles, lagunes, lacs et canaux qui caractérisait autrefois ‘La-Hôné’ de la région Canopique. 9 Au nord et à l’est de la cité, une chaîne de dunes sableuses, longeant la rive ouest du fleuve, ménageait des entrées navigables vers de vastes bassins protégés des assauts de l’océan et des vents dominants; ces abris portuaires sont reliés à la ville par de larges voies d’eau séparées en plusieurs canaux, eux-mêmes divisés par des digues. Ces voies d’eau, qui desservent la cité en la traversant d’est en ouest, ont été nommées, en partant du nord vers le sud : le ‘Canal Nord’ (North Canal sur la carte), le ‘Grand Canal’, et deux voies d’eau parallèles au sud de la grande île centrale sont désignées comme ‘le canal au sud du temple’ (south temple channel), et celle plus au sud, ‘le canal sud’ (south channel) (fig. 1).

Thônis-Héracléion (carte : F. Goddio, © F. Goddio/IEASM).
Le Canal Nord se continue vers l’est par le Passage Est (East Passage) jusqu’à la Porte Canopique (Canopic Gate), menant au Nil et à la mer. L’ensemble constitue la voie transversale septentrionale, qui était l’entrée principale à l’époque saïte, comme l’ont confirmé les études céramiques. 10 Cette voie d’eau est bordée au nord par des terres sur sa plus grande longueur, et au sud par une succession de terres allongées réalisant une sorte de jetée discontinue.
En raison de l’immensité du site, 11 les tracés des canaux, suggérés par les données géophysiques, se précisent peu à peu par des fouilles transversales aux trajets supposés des voies d’eau. Les travaux de prospection à visée cartographique sont élargis lorsque la découverte d’artefacts y incite, et les fouilles couvrent alors tout le secteur. C’est ainsi que les missions menées sur l’île centrale et dans le Grand Canal qui la borde au nord ont recueilli le riche matériel cultuel du temple d’Amon-Gereb; elles ont aussi mis en évidence l’importance particulière des cultes osiriens associés à celui d’Amon. 12
Cette dernière décennie, les missions se sont portées sur la partie nord de la ville, et tout spécialement sur le canal transversal le plus septentrional qui mène de l’embouchure vers la cité. Cette longue voie d’eau a livré quelques monuments évoquant le temps de la splendeur saïte sous forme d’objets de bronze gravés de noms de souverains.
Premières découvertes de plaques et d’objets de bronze avec noms royaux
Trois objets de bronze au nom de rois saïtes avaient déjà été trouvés dans le Canal Nord ou sur ses berges, sur l’aire d’un petit sanctuaire dédié à Khonsou-Thoth situé au milieu de la voie septentrionale, sur la bande de terre la plus allongée de la berge sud. Fouillée à la suite d’une mission de prospection, la zone est un bon exemple des remaniements multiples causés dans la région par les phénomènes naturels progressifs (ensablement) ou plus soudains (séismes, immersions). Ce lieu de culte, fondé au septième siècle avant J.C., eût une courte durée de vie. Pour une raison inconnue, il fut abandonné, probablement déménagé puis pillé vers la deuxième moitié du sixième siècle. Il devient ensuite inaccessible et sera recouvert de nombreuses couches d’argile provenant de l’accumulation de crues successives, sans qu’aucune de ces couches ne porte trace d’une occupation humaine. A une époque indéterminée, à la suite d’un événement catastrophique à retentissement tellurique, 13 une large bande de terre, sur laquelle se trouvait le temple de Khonsou-Thoth, bascule en s’enfonçant du nord vers le sud, comme le montre l’obliquité actuelle des couches d’argile compactes, 14 si bien que la couche archéologique est atteinte au nord sous moins d’un mètre, et au sud sous environ 2 mètres au-dessous du fond de la mer, qui se situe, lui-même, à 6,6 mètres du niveau actuel de la surface de l’océan.
Parmi les objets recueillis sur l’ancien sanctuaire, deux artefacts portent les cartouches d’Amasis (570–526 av. J.C.), de la vingt-sixième dynastie : le premier est une plaque où les deux cartouches du roi encadrent le nom du dieu 15 (fig. 2), et le second un petit bronze en forme de pyramide asymétrique; 16 il montre, sur l’une des faces étroites, ce souverain agenouillé faisant l’offrande des vases nou et sur ses faces larges des théories de divinités (fig. 3). Les deux objets donnent le nom de Roi de Haute et Basse Égypte d’Amasis :
ẖnm-ỉb-rʿ, et son nom de fils de Ré :
ỉʿḥ-ms.

Hauteur 8,8 cm, largeur 9,7 cm (photo : C. Gerigk; dessin : A. L’Amoulen; © F. Goddio/ Hilti Foundation).

Hauteur 13 cm, largeur des bases : faces larges 9,1 cm; faces étroites 6 cm (photo : C. Gerigk; dessin : A. L’Amoulen; © F. Goddio/ Hilti Foundation).
La plaque, enserrant le nom divin de Khonsou-Thoth entre les cartouches royaux, rapproche le souverain de Khonsou, le dieu-fils de la triade thébaine, et l’héritier divin. Or, ce dieu devient, justement, légitimateur de la fonction royale lorsqu’il est uni à Thoth. 17 Cette pièce associe aussi le nom d’Amasis à Thoth, divinité censée repousser les Ḥȝw-nbwt, depuis au moins le Nouvel Empire. 18
L’iconographie de l’objet pyramidal a été reproduite en détail et analysée ailleurs, 19 de même que les autres bronzes saïtes issus des premières découvertes reportées en cet article. Les théories de divinités des faces larges du registre 20 supérieur pourraient évoquer celles des situles, sur lesquelles le défunt fait une offrande à un Amon-Rê ityphallique qui est suivi d’un certain nombre de divinités. 21 Les dieux du registre inférieur, précédés par la triade amonienne, rappellent les grands festivals thébains accompagnés de processions nautiques, 22 qui débutaient le plus souvent par une offrande à un Amon ityphallique. Ces cérémonies devaient avoir leur équivalent dans le Delta; Isis et Nephthys, suivant la triade amonienne, ajoutent à l’ensemble un caractère osirien, et une Ouadjet léontocéphale ferme la marche.
Sur l’une des faces étroites, on pourrait distinguer le dessin d’une porte à deux battants entre les images du roi. 23 La face étroite opposée, qui serait alors l’arrière de la ‘chapelle’, montre une Mâât bicéphale brandissant deux plumes d’autruche. 24 Les trous visibles sur les parois indiquent que le bronze était fixé sur un autre matériau, vraisemblablement du bois.
Le grand temple d’Amon et de Khonsou qui était en activité pendant la période saïte, celui qu’a vu Hérodote 25 vers 450 av. J.C, n’a pas encore été découvert; 26 il ne devait cependant pas être loin du temple de Khonsou-Thoth, et il se trouvait vraisemblablement au nord de la voie septentrionale, sur les vastes étendues de terre immergées qui n’ont pas encore été fouillées. 27
Une plaque, gravée d’un serekh, 28 fut mise au jour dans la même couche archéologique, située vers l’est à 45 m de l’objet pyramidal, et à c. 30 m de la plaque d’Amasis (fig. 4). Le faucon perché sur le serekh se dresse sous le signe du ciel dont la partie gauche a disparu. Le piquetage visible sur toute la surface devait servir à retenir un apprêt pour un décor peint ou doré.

Hauteur 11 cm, largeur 7 cm (photo : C. Gerigk; dessin : A. L’Amoulen; © F. Goddio/ Hilti Foundation).
Au-dessous du faucon, dans l’espace réservé au nom royal, le signe du cœur, endommagé, est cependant reconnaissable, et la lecture
, ʿȝ ỉb, donne le nom d’Horus de Psammétique I (664-610),
29
le pharaon de la vingt-sixième dynastie saïte qui réussit à réunir à nouveau Les Deux Terres de la Haute et de la Basse Égypte après les désordres de la ‘période libyenne’. Le mot ỉb, écrit par le hiéroglyphe du cœur, omniprésent dans les nomenclatures des rois de cette dynastie, désigne l’intelligence plutôt que le courage; de fait, ces souverains laissent le souvenir d’esprits avisés.
Le serekh saïte de bronze trouvé dans la zone du temple de Khonsou-Thoth peut être comparé à celui de Néchao II issu de la nécropole animale du nord de Saqqara, 30 d’autant que le sanctuaire de Thônis-Héracléion abritait, lui aussi, une nécropole animale, probablement de faucons et d’ibis. 31 Le serekh de Néchao II, haut de 8,3 cm, avait été retaillé dans l’antiquité, comme le remarque C. Insley Green; il a conservé vers le bas toute la façade de palais, mais il est coupé vers le haut, si bien qu’on ne sait pas si le signe du ciel surmontait le faucon, comme sur la pièce de Thônis-Héracléion.
La plaque au nom d’Amasis et le serekh de Psammétique I étaient peut-être à l’origine encastrés dans des meubles de culte ou autre mobilier de temple, des portes de sanctuaires ou de chapelles, voire dans des parois. Ils avaient cependant été extraits de leurs supports et retaillés, comme l’indiquent les traces de section marginale qui seront discutées plus bas.
Les pièces trouvées dans la zone du sanctuaire de Khonsou-Thoth jettent un jour sur le panthéon de la région à l’époque saïte : la triade amonienne, les divinités de la sphère osirienne, Ouadjet, la déesse de Bouto et, bien sûr, Neith, 32 présente dans le temple par une petite tête en bronze à son image (fig. 5), et par son nom inscrit sur un élément de mobilier. La tête de la déesse n’est pas brisée au cou, mais nettement sectionnée. 33

Tête de Neith, hauteur 3 cm, (photo : S. Heinz; © F. Goddio/ Hilti Foundation).
L’élément de mobilier est un coin de bronze, 34 gravé sur ses deux faces externes, qui renforçait très certainement un meuble de culte (fig. 6). Il exposait les qualités guerrières habituelles revendiquées par le souverain donateur, 35 qui se proclame aussi, de façon beaucoup plus originale, ‘en charge du Livre de l’Arc de Neith’, Nt ỉr(y) ỉwnt, avec antéposition du nom de la déesse et le déterminatif du rouleau de papyrus indiquant qu’il s’agit d’un écrit. Le nom du Livre de l’Arc de Neith n’est, semble-t-il, pas répertorié dans les listes des livres connus. Le roi qui dédia le meuble au sanctuaire de Khonsou-Thoth assumait ainsi lui-même le rôle défensif du pays vers le nord dévolu à la déesse archère. Neith est ici affectée à la garde de la Porte Canopique de La-Hôné-de-Saïs, à l’entrée de la mer des Grecs. La-Hôné-de-Saïs, T(ȝ) ḥnt n Sȝw, est le nom égyptien complet de la ville de Thônis-Héracléion, 36 révélé deux siècles après l’époque saïte par le texte de la colonne 14 de la stèle de Thônis-Héracléion de Nectanébo I; ce monument a été trouvé sur le temple d’Amon-Gereb situé plus au sud sur l’île centrale. Cette stèle précise aussi la situation du port : ‘à l’entrée de la mer des Grecs, m rȝ n wȝḏ-wr Ḥȝw-nbwt’. 37

Coin de bronze, hauteur 7 cm, largeur externe 4,2 cm (photo : C. Gerigk; dessin : A. L’Amoulen; © F. Goddio/Hilti Foundation).
La notion du souverain dépositaire de l’arc de la déesse saïte a été reprise par Darius I (521–486), de la vingt-septième dynastie, sur l’une des stèles érigées sur le trajet du canal qu’il fit creuser entre le Nil et la Mer Rouge en reprenant les travaux de Néchao II. Sur ce monument, le roi perse prétend que ‘sa mère’ Neith lui a confié son arc pour renverser ses ennemis chaque jour, « comme elle l’avait fait pour son fils Rê ». 38
Sur les sites archéologiques, les trouvailles de plaques de bronze ornant des portes, des parois ou des meubles sont rares car ce métal, considéré comme précieux, était en général pillé au cours des siècles. C’est ainsi que la découverte faite à Memphis au début du vingtième siècle de tout un lot de bronzes 39 fut interprétée comme un butin de pillage antique, provenant de sanctuaires de Thèbes d’après les toponymes inscrits. 40 Ce dépôt comprenait, entre autres pièces, de nombreuses plaques ajourées représentant des figures de fécondité et de rois en porteurs d’offrandes; 41 des petits trous ronds indiquent qu’elles étaient fixées sur du bois, ornant des meubles, probablement des sellettes-présentoirs. 42 D’autres grandes plaques ovoïdes faisaient partie de ce lot, l’une gardant l’image de Psammétique II célébrant les rites de Djeme devant Amon-Ré-Kamoutef. 43 A Thônis-Héracléion, l’ensablement, puis l’immersion ont du préserver du pillage les bronzes saïtes du temple de Khonsou-Thoth.
Découvertes récentes
La dernière mission 44 a mis au jour deux nouveaux objets de bronze inscrits de noms royaux aux abords de la grande voie d’eau septentrionale, l’un à l’ouest du temple de Khonsou-Thoth, et l’autre à l’est de ce sanctuaire, à l’extrémité orientale de la voie d’eau. Le premier (fig. 7) provient d’un secteur qui fut occupé entre le sixième et le cinquième siècle, d’après la céramique, 45 et situé à 115 mètres à l’ouest-sud-ouest du sanctuaire de Khonsou-Thoth, près d’une petite digue. On n’a pas relevé de traces de bâtiment à proximité immédiate du lieu de découverte. Haut de 5,3 cm, en forme de cartouche surmonté de deux plumes encadrant le disque solaire, 46 il donne le nom d’un autre souverain de la vingt-sixième dynastie avec le titre de Roi de Haute et Basse Égypte d’Apriès (589–570), le fils de Psammétique II et le prédécesseur d’Amasis.

Hauteur 5,3 cm, largeur 2 cm (photo : C. Gerigk; dessin : A. L’Amoulen; © F. Goddio/ Hilti Foundation).
La pièce est décorée de hiéroglyphes en creux dont le style rappelle ceux inscrivant les noms de Psammétique I et d’Amasis sur les plaques citées précédemment :
nb tȝwy ḥʿʿ-ỉb-rʿ, le Maître des Deux Terres, Apriès.
Les contours de la base de l’ovale du cartouche et de son pourtour sont relativement bien préservés, de même que celui des deux plumes sommitales. La pièce ne présente aucune trace de coupe. L’arrière, non gravé, montre deux protubérances du métal composant l’objet, probablement les restes de l’implantation d’un anneau ou d’une poignée de préhension.
On peut rapprocher cette pièce de certaines bagues-sceaux; on la comparera notamment à la bague en bronze du British Museum EA 23903, qui a conservé son anneau intact, et dont le chaton de 4,93 cm de long donne le nom d’Amasis inclus, lui aussi, dans un cartouche sommé de deux plumes. 47 L’objet de Thônis-Héracléion, plus long (5,3 cm), est un sceau que l’on tenait par une poignée pour l’apposer, et il est d’exécution plus délicate que la bague sceau du British Museum: ses bords suivent l’arrondi du cartouche et des plumes, cependant que celui d’Amasis s’inscrit simplement dans la plaque rectangulaire métallique qui constitue le chaton. Le sceau d’Apriès est plutôt l’équivalent d’une pièce du Metropolitan Museum, un sceau de bronze long de 7 cm portant également le nom d’Amasis. 48
Souvent utilisés pour estamper des jarres, les sceaux imprimaient dans l’argile des hiéroglyphes généralement en relief, comme on peut les observer, par exemple, sur les empreintes laissées sur des fragments de jarres conservés au British Museum au nom d’un roi Psammétique. 49
L’inclusion de la qualification nb tȝwy, le Maître des Deux Terres, dans le cartouche-même d’Apriès est relevé pour d’autres rois de la vingt-sixième dynastie: par exemple dans le cartouche du nom de roi de Haute et Basse Egypte de Psammétique II, sur un sceau de jarre; 50 on la trouve aussi pour Néchao II; 51 ou encore dans le cartouche du nom de fils de Rê d’Amasis sur une empreinte de bronze au British Museum, ce cartouche incluant aussi l’épithète ‘fils de Neith’. 52 On connait d’autres cas d’épithètes royales inscrites à l’intérieur des cartouches, par exemple le titre ‘fils de Rê’ dans le cartouche de Néchao II, qui donne sur un fragment de jarre du British Museum quatre exemplaires de cette empreinte. 53 Pour Amasis, hormis la qualification ‘fils de Neith’, fréquemment incluse dans les cartouches de ce roi, il peut s’y ajouter celle de ‘dieu parfait’, comme c’est le cas sur la bague sceau déjà citée plus haut. 54
Les sceaux, comme celui de Thônis-Héracléion, pouvaient être utilisés dans des contextes très divers, commerciaux, administratifs ou religieux. 55 Le fait qu’on n’ait pas trouvé de traces de bâtiment dans son environnement ne s’oppose pas à la possibilité que le sceau ait été lié au contrôle économique ou administratif exercé par un sanctuaire égyptien. Cet objet portatif a pu en effet être emporté par un responsable exerçant de hautes fonctions religieuses et/ou administratives, qui le gardait en sa possession.
Le second objet est un nouveau serekh de bronze, trouvé lors d’une mission de prospection visant à définir les contours des canaux à l’extrémité orientale de la voie septentrionale. Ces travaux portaient sur la zone du Passage de l’Est, ainsi qu’autour de la dernière bande de terre qui s’avance vers la Porte Canopique. Ce terrain, long de 45 m sur 15 m de large, qui devait être une île ou une jetée (?) avant la submersion de la région sous plus de six mètres d’eau, n’est actuellement qu’une surélévation du fond sous-marin se présentant comme un ‘tumulus’ long et étroit.
C’est à 25 m au nord-est de ce ‘tumulus’ qu’ont été découvert deux fragments de bronze jointifs constituant un serekh. 56 Les deux morceaux gisaient, espacés de deux mètres l’un de l’autre, sous plus de 45 cm de sédiments superposés en trois couches distinctes: la première couche (25 cm) constituée de sable marin grossier, coquillier, avec des débris calcaires, est celle qui recouvre habituellement les fonds de Thônis-Héracléion; la seconde (10 cm), faite de sable fin vaseux, scelle la couche archéologique (10 cm); c’est dans cette troisième couche que reposaient les objets dans un limon fin, non vaseux, contenant des débris organiques. Le tout reposait sur une argile plastique dense et compacte, sur laquelle subsistaient des vestiges de dallage très érodés. Cette zone a manifestement subi une très forte érosion et/ou des remaniements et destructions humaines actuellement difficiles à caractériser. Aucune céramique ou objet de proximité ne permet de suggérer une datation dans ce secteur.
Les deux parties de la plaque de bronze, inégalement conservées, se raccordent, formant un serekh inscrit du nom
, mn ỉb, le tout à lire : ‘l’Horus Men-ib’ (fig. 8).

Serekh Men-ib, hauteur 18,5 cm; largeur 7,5 cm; à droite, agrandissement du nom du roi (photo : C. Gerigk; dessin : A. L’Amoulen; © F. Goddio/ Hilti Foundation).
Le fragment supérieur, endommagé, est rogné sur ses bords, si bien qu’on ne peut savoir si le signe du ciel surmontait la scène, comme sur la plaque de Psammétique I; sa surface, très abîmée, laisse cependant distinguer la partie haute de la silhouette du faucon perché au-dessus du serekh, le contour de sa double couronne et la courbe du bec; issu d’un disque, un cobra dessinait une longue courbe le long du dos de l’oiseau, et se redressait, gorgerin gonflé, pointant sa tête juste en arrière de la nuque du rapace. Le faucon regarde vers la gauche, 57 si bien que le nom royal se lit, de façon inhabituelle, de gauche à droite; 58 cette plaque faisait peut-être le pendant d’une autre, toutes deux symétriquement disposées de part et d’autre d’une ouverture.
Le fragment inférieur est gravé du nom royal parfaitement conservé; il montre des traces de coupe en bordure, indiquant que la pièce faisait probablement partie d’un ensemble plus large. La plaque était percée d’un trou rectangulaire de fixation qui a pu fragiliser l’objet et faciliter la brisure survenue à cet endroit, probablement accidentelle. La taille importante et la forme même de cet orifice rectangulaire, comparables à ceux ménagés dans l’épaisseur des fragments d’une plaque de bronze qui avait été trouvée au sud du temenos du temple d’Amon-Gereb gravée des mots ‘…à l’embouchure des Ḥȝw-nbwt’, 59 suggèrent que le nouveau serekh et la plaque de bronze nommant l’embouchure étaient l’un et l’autre enchâssés et fixés dans des parois solides, probablement de pierre. 60
Qui est l’Horus ‘Men-ib’ ?
Le nom d’Horus ‘Men-ib’ n’apparaît pas dans les recueils des noms royaux; par sa composition, il s’apparente beaucoup au nom de Roi de Haute et Basse Égypte ‘Men-ib-Rê’, qui serait peut-être celui de Néchepso, 61 un roi de la vingt-sixième dynastie (fig. 9). Le nouveau nom d’Horus ‘Men-ib’ s’accorderait alors très bien avec le nom de Haute et Basse Égypte du roi Néchepso, ‘Men-ib-Rê’.

Nomenclature des souverains saïtes des 24e, 26e et 28 e dynasties. En rouge : candidats possibles pour ‘Men-ib’; en vert : noms des rois saïtes attestés à ce jour à Thônis-Héracléion.
‘Men-ib’ ressemble aussi au nom d’Horus de Psammétique II, ‘Menekh-ib’, 62 autre roi de cette même dynastie. Dans la documentation bien fournie concernant ce dernier souverain, deux inscriptions sur scarabées, dont l’une se lit clairement ‘Men-ib’, sont considérées comme des graphies défectives de ‘Menekh-ib’. 63 Une orthographe défective ou ‘fautive’ est très peu probable sur la grande bannière royale, au travail soigné, de Thônis-Héracléion; on pourrait éventuellement envisager la possibilité d’une rare variante du nom d’Horus de Psammétique II, 64 car certains pharaons accumulent différentes appellations dans leur titulature. Ce n’est cependant pas l’habitude des rois saïtes de la vingt-sixième dynastie, plutôt sobres dans le nombre et la composition de leurs noms, 65 si l’on met à part les épithètes se réclamant de l’amour ou de la filiation de Neith, la déesse de la région.
S’il ne s’agit ni d’une orthographe défective ni d’une variante du nom d’Horus de Psammétique II, le serekh de Thônis-Héracléion affiche le nom d’Horus encore inconnu d’un souverain ayant pu régner sur toute la période comprise entre la vingt-sixième et la vingt-huitième dynastie, si l’on tient compte à la fois des datations de la céramique du site, 66 et des noms d’Horus déjà connus.
Pour mettre en évidence les noms d’Horus manquants, on dresse un tableau de la suite des souverains d’origine saïte rapportée par Manéthon, 67 plaçant devant chacun la nomenclature hiéroglyphique connue d’après la documentation égyptienne, 68 (tableau en figure 9). L’attention se porte surtout sur la vingt-sixième dynastie, puisque les noms royaux sur les objets trouvés jusqu’ici dans la zone de la voie d’eau septentrionale appartiennent tous à cette dynastie. Le tableau mentionne cependant aussi la vingt-quatrième dynastie, dont procède la vingt-sixième, afin d’une part d’établir une liste des souverains acteurs de l’histoire saïte, et d’autre part parce qu’on ne peut exclure qu’un monument plus ancien, transporté, se soit trouvé sur le lieu de découverte.
La vingt-quatrième dynastie saïte est réduite par Manéthon au règne de Bocchoris; le nom du père et prédécesseur de Bocchoris, Tefnakht, n’est pas cité. 69 A l’époque du morcellement du pouvoir durant laquelle régnaient concomitamment à l’est du Delta les héritiers des vingt-deuxième et vingt-troisième dynasties, ce ‘grand chef de l’ouest’ s’est opposé, dans la deuxième moitié du huitième siècle, à Piankhy, roi du temps de la domination kouchite qui constitue la vingt-cinquième dynastie. Maintenant l’indépendance du Delta occidental et fédérant d’autres dynastes de Basse Égypte, Tefnakht a contribué à établir et à maintenir, parallèlement à ce pouvoir kouchite, un pouvoir saïte sur un vaste territoire, à l’origine des vingt-quatrième et vingt-sixième dynasties. Le fils de Tefnakht, Bocchoris, qui résista aussi à l’emprise nubienne fut capturé, et le roi koushite Chabatka ou Chabaka 70 (le Sabacon de Manethon) le fit exécuter. 71
Pour cette vingt-cinquième dynastie kouchite, Manéthon nomme trois rois (Sabacon, Sebichos, et Tarcus), 72 sur les cinq principaux attestés par la documentation égyptienne, 73 omettant l’un des premiers, Piankhy, 74 et le dernier, Tanoutamon. En raison des données archéologiques qui ne témoignent pas à ce jour d’une occupation au huitième siècle, et parce que les noms d’Horus des souverains kouchites du septième siècle sont connus, cette vingt-cinquième dynastie est exclue du tableau.
Pour la vingt-sixième dynastie, Manéthon donne la liste suivante, le nombre d’années de règne indiqué variant selon les versions :
– Ammeris, l’éthiopien (seulement dans les versions d’Eusèbe), pour 12 ou 18 ans;
– Stephinates, pour 7 ans;
– Nechepsos, pour 6 ans;
– Nechao, pour 8 ans;
– Psammetichus, pour 44 ou 54 ans (selon les versions);
– Nechao le second, pour 6 ou 8 ans;
– Psammouthis le second, pour 6 ou 17 ans;
– Uaphris, pour 19 ou 25 ans;
– Amosis, pour 42 ou 44 ans;
– Psammecherites, pour 6 mois;
Pour des raisons chronologiques, les égyptologues ont supposé l’existence de deux Tefnakht: le premier, de la vingt-quatrième dynastie, serait le grand chef de l’occident du temps de Piankhy, connu par quelques monuments. 75 Il n’aurait pas été gratifié d’une titulature royale, autre raison possible du silence de Manéthon à son égard. Le second Tefnakht, de la vingt-sixième dynastie, un descendant du premier, serait celui dont on connaît la titulature complète par deux stèles de donation, l’une en faveur des dieux de Bouto, 76 et l’autre pour le temple de Neith à Saïs. 77 Ce second Tefnakh est généralement identifié au Stéphinates de Manéthon, 78 et il est porté sur le tableau sous le nom de Stéphinates/Tefnakht II. Le successeur de Stéphinates, Néchepso, peu connu par la documentation hiéroglyphique, serait pour certains à identifier avec Néchao II. 79
La possibilité que ‘Men-ib’ soit le nom d’Horus d’un souverain perse durant la première occupation persane qui constitue la vingt-septième dynastie de Manethon (non incluse dans le tableau), est discutée dans un paragraphe à part. Il apparaît que, durant cette première occupation perse, les Saïtes ont entretenu une sorte de dynastie parallèle de ‘rois’, comme ils l’avaient fait durant la vingt-cinquième dynastie koushite.
Amyrtée, seul roi de la vingt-huitième dynastie, descendant des chefs saïtes de ces dynasties parallèles, a été identifié à Psammétique V. 80 Il fut couronné roi d’Égypte après la réussite d’une troisième insurrection égyptienne qui mit fin, vers 400 avant J.C., à la première occupation perse. 81 Il serait le petit-fils du prince Amyrtée de Saïs, qui, avec le prince Inaros d’Héliopolis, 82 avaient organisé un second soulèvement contre l’occupation perse à l’époque d’Artaxerxés I (465–424). Cette révolte échoua et Inaros fut crucifié 83 en Perse en 454 avant J.C. La tradition populaire a perpétué la mémoire d’Inaros devenu un héros de légende durant la période gréco-romaine. Les récits ‘épiques’ de l’ensemble des textes désignés comme ‘le cycle d’Inaros’ 84 se situent cependant au temps des incursions assyriennes (fin huitième –début septième siècle) et non du temps de l’occupation perse (fin du sixième et cinquième siècle). 85
Les dates indiquées dans le tableau, pratiquement assurées à partir de Néchao I, restent très incertaines pour ses prédécesseurs, particulièrement en ce qui concerne la vingt-quatrième dynastie. 86
Le tableau fait apparaître en vert le nom des rois saïtes attestés à Thônis-Héracléion par les découvertes archéologiques, afin de les situer d’un coup d’œil dans la chronologie. On a reporté en rouge ‘Men-ib’, proposé comme nom d’Horus dans les cases des quatre rois saïtes qui en sont encore dépourvus, à savoir trois souverains de la vingt-sixième dynastie :
– Néchepso (dans le cas où il serait distinct de Nechao II),
– Néchao I,
– Psammétique III, dont les inconnues de la titulature s’expliquent par la brièveté de son règne (env. 6 mois).
Ce nom pourrait convenir aussi à Amyrtée, inaugurant, avec la vingt-huitième dynastie, les dynasties indigènes qui ont régné entre les deux occupations perses. Le nom de ce roi, écrit en égyptien, non encore attesté en hiéroglyphes, est connu par le démotique. 87
Après Amyrtée et la vingt-huitième dynastie, les noms d’Horus des rois des vingt-neuvième et trentième dynasties sont connus, et le contexte archéologique de la zone où a été trouvé le serekh de Men-ib, ne s’étend pas au-delà du milieu du quatrième siècle avant J.C. 88
Men-ib : un roi perse ?
Sur les six souverains de la vingt-septième dynastie perse, 89 seuls les deux premiers sont pourvus d’un nom d’Horus : Cambyse (525–522), l’Horus Sema-taouy, et Darius I (521–486), l’Horus Menekh-ib. 90 On sait que la titulature de Cambyse fut composée par Oudjahorresne, qui fut amiral de la flotte sous Amasis et Psammétique III, et se mit au service de Cambyse après la défaite de l’Égypte. Ce haut personnage, titulaire de plusieurs titres de prêtrise dans le sanctuaire saïte, fit en sorte que « Sa Majesté (Cambyse) connût la grandeur de Saïs »; il obtint du roi que le temple de Neith soit restauré, resacralisé, et qu’il bénéficie des fonds nécessaires à son fonctionnement. 91 On suppose qu’Oudjahorresne composa aussi la titulature de Darius I, qu’il servit également; ce dernier souverain ordonna la remise en état et l’enrichissement en personnel compétent, livres et matériel, de la bibliothèque-Maison-de-Vie et École de Médecine. 92
Le long règne de Darius I fut bénéfique à l’Égypte : ce roi entreprit de grands travaux, complétant le creusement du canal entre le Nil et la Mer Rouge entrepris par Néchao II, restaurant de nombreux sanctuaires et en construisant de nouveaux, comme le temple d’Hibis dans l’oasis de Kharga où il se fait représenter en jeune pharaon égyptien allaité par « sa mère Neith ». 93 Il fit surtout œuvre de législateur en faisant collecter toutes les anciennes lois d’Égypte jusqu’à l’an 44 d’Amasis. 94
Cambyse et Darius I, qui seraient les meilleurs candidats perses pour le nouveau nom d’Horus, sont déjà pourvus de ce titre; on ne peut cependant exclure que ‘Men-ib’ puisse être un nom d’Horus additionnel pour l’un des deux, ou une variante pour Darius I, 95 mais cette éventualité reste néanmoins peu vraisemblable. Après ces deux souverains, les rapports entre l’Égypte et l’empire perse vont à la fois se raréfier et se détériorer. La première insurrection égyptienne éclate peu avant la mort de Darius I, sous le satrape Phérendatès; elle est réprimée en 486–485 par le successeur de Darius I, Xerxès I (486–465), qui durcit alors notablement les servitudes égyptiennes.
A partir de cette époque, l’attention des Perses est entièrement dirigée vers la guerre qu’ils livrent à la Grèce (deuxième guerre médique). Artaxerxès I (465–424), qui succéda à Xerxès I, ne se rendit jamais en Égypte; des cartouches transcrivent en hiéroglyphes les noms perses de Xerxès I et Artaxerxès I, souverains pour lesquels on ne connaît pas de nom d’Horus. C’est sous le règne d’Artaxerxès I que survint la seconde révolte égyptienne; menée par les princes Inaros et Amyrtée l’Ancien, elle est soutenue par les Athéniens alors en conflit avec les Perses. L’écrasement des insurgés après quelques victoires, la déportation d’Inaros en Perse, suivie de son supplice et de sa mort en 454, n’étaient pas de nature à améliorer les rapports entre l’occupant et les Saïtes.
Pour les deux derniers souverains de la vingt-septième dynastie de Manéthon, Xerxès II (423) et Darius II (423–404), aucune titulature égyptienne n’est attestée. La troisième révolte libéra l’Égypte d’un joug perse de plus de 120 ans, et porta au pouvoir Amyrtée (404–399), descendant d’Amyrtée l’Ancien, comme unique roi de la vingt-huitième dynastie.
L’attribution du nouveau serekh à un roi perse semble d’autant moins probable que l’artefact donnant le nom d’Horus ‘Men-ib’ provient du Delta occidental, foyer de l’opposition anti-perse, et lieu d’origine de chacune des trois grandes insurrections dirigées contre cette domination. Si Men-ib n’est vraisemblablement pas un roi perse, l’étude plus approfondie du site de trouvaille pourrait-elle apporter quelques indications pour son identification ?
L’extrémité orientale de la voie septentrionale
La céramique de la région de l’extrémité orientale de la voie septentrionale couvre toute la période allant du septième au milieu du quatrième siècle avant J.C, avec cependant une répartition un peu différente selon les zones. La longue bande de terre la plus orientale désignée comme ‘tumulus’, près de laquelle la plaque de Men-ib a été mise au jour, s’étire dans la direction de la Porte Canopique; elle est située au sein d’un élargissement des voies d’eau dont les berges nord ont livré des artefacts des septième-sixième siècles, avec des statues d’Osiris en bronze; 96 il s’y associait des éléments architecturaux sous forme de gros blocs calcaires et de quartzite, suggérant la présence ancienne d’un sanctuaire. Sur les terres qui bordent cet élargissement au sud-est, on a mis au jour des barques rituelles en plomb d’une taille d’une coudée, dont certaines avaient été placées sous dallage. Sous les dalles de ce qui devait être un débarcadère, l’une de ces embarcations avait été soigneusement démontée en trois pièces, et chaque partie déposée sous une dalle différente. 97
Le tumulus présente d’importants empierrements. Des sondages ont livré deux dépôts, dont l’un daté de la fin du cinquième-première moitié du quatrième siècle. C’est à 25 mètres au nord-est de ce tumulus qu’ont été découverts les deux morceaux de la plaque de Men-ib. L’objet le plus rapproché de la plaque était une petite barque rituelle en plomb.
Située relativement proche du tumulus, 98 la plaque pourrait en provenir à la suite d’opérations de chalutages : la saillie réalisée au fond actuel de la mer par cette terre haute peut être accrochée par des filets traînants, et des artefacts être ainsi entraînés vers les fonds en contrebas. Cette éventualité a fait programmer des fouilles sur ce tertre sous-marin pour les prochaines missions. Elle amène aussi à se reporter à nouveau sur les trouvailles déjà faites en ce lieu, telles que les deux dépôts déjà signalés, dont l’un d’entre eux au moins semble présenter un caractère funéraire.
Le premier dépôt 99 est constitué de différents objets et éléments de poterie de la fin cinquième-première moitié du quatrième siècle, parmi lesquels une petite amphore torpédo, un vase à onguent de calcite, un bol cassé contenant des grains de raisins, deux amulettes-chevets de calcaire de formes différentes, sans inscriptions visibles, et une petite tête de céramique (fig. 10). La tête est cassée de la nuque au col. Elle est coiffée d’une couronne d’uréi ceignant un mortier d’où dépassent des cheveux ondulés, séparés par une raie médiane. La pièce conserve des traces d’un englobe blanc avec des traces de pigment rouge.

Quelques éléments du premier dépôt. En haut : tête, amulettes-chevets; en bas : deux récipients miniatures (10783 et 10789), et un vase à onguent (10791) (photo : C. Gerigk; © F. Goddio/ Hilti Foundation).
Les amulettes-chevets, qui apparaissent dès la dix-huitième dynastie, sont très répandues à partir de la vingt-sixième, remplaçant volontiers dans les tombes d’époque tardive l’objet de taille réelle. 100 Contrairement à l’objet usuel, l’amulette-chevet est souvent funéraire, en rapport avec la thématique du chapitre 166 du Livre des Morts, traitant de la restitution de la tête du défunt. 101
Le second dépôt 102 comprend une grande onochoé et un récipient plat, les deux en plomb, ainsi que 12 vases à onguent en céramique, 103 les 12 avec le col rituellement brisé (fig. 11).

Second dépôt : deux récipients de plomb et 12 vases à onguent (photo : C. Gerigk; © F. Goddio/ Hilti Foundation).
Aux alentours de ces dépôts, et au pourtour du tumulus, on a relevé des témoignages de ferveur populaire telles les menues offrandes contenues dans des petits vases de plomb si fréquemment trouvées dans les eaux de Thônis-Héracléion. 104 Une pièce en or y a été mise à jour : 105 il s’agit d’un hémistatère de Chypre du roi Pumyaton montrant à l’avers Melquart/Héraclès, et au revers un lion attaquant un cerf (milieu quatrième siècle). La pièce est identique à celle du dépôt effectué dans le grand temple d’Amon-Gereb et de Khonsou sur l’île centrale. 106
D’autres artefacts déjà collectés sur le tumulus seront décrits avec les résultats complets des prochaines fouilles de ce site; ils permettront d’avoir une idée d’ensemble, mais d’ores et déjà il semble que ce lieu avait fait l’objet de dévotions. Faisant face aux anciens sanctuaires osiriens proches qui devaient border les berges du passage de l’est à son débouché vers la ville, ces lieux étaient probablement inclus dans les cérémonies et les processions nautiques osiriennes qui ont laissé de nombreux témoignages dans la ville. 107 On sait qu’à l’issue des fêtes de Khoiak, d’après la description du cérémonial de Dendera, les figurines osiriennes confectionnées chaque année étaient gardées un an dans un tombeau dit ‘supérieur’, cependant que celles de l’année précédente étaient, dans la plupart des localités, enterrées dans le tombeau ‘inférieur’ d’une nécropole spéciale. 108 A Saïs, les figurines osiriennes étaient jetées à l’eau. 109 Cette particularité ne peut être confirmée par l’archéologie puisque les matières qui les composent se désagrègent dans l’eau, 110 mais l’archéologie de Thônis-Héracléion prouve en tout cas que des objets sacrés du culte osirien étaient jetés à l’eau, comme en témoignent certaines barques votives et les nombreuses cuillers-mesure trouvées dans les eaux de la ville. 111 Il est très probable que La-Honé-de-Saïs se conformait aux coutumes saïtes du rituel osirien.
Les canaux septentrionaux et la mémoire saïte
L’échelonnement d’objets et de plaques de bronze portant des noms royaux aux abords des canaux septentrionaux de Thônis-Héracléion semble, dans un premier temps, confirmer ce qui avait déjà été envisagé : les premières découvertes des noms de Psammétique I et Amasis sur les restes du temple de Khonsou-Thoth avaient fait supposer que d’autres sanctuaires similaires se dressaient durant la vingt-sixième dynastie sur ces voies d’eau qui constituaient à l’époque la voie d’accès vers la ville depuis l’embouchure. Renforçant la garde militaire de la Porte Canopique assurée par des forteresses et des gens d’armes, comme en témoignent des blocs et des restes d’armement, 112 ces sanctuaires y ajoutaient une défense ‘théologique’ en abritant des divinités particulières, telles que Neith, gardant le pays vers le nord comme elle veille Osiris dans cette direction, ou Thoth/Khonsou-Thoth repoussant les Ḥȝw-nbwt. 113 On n’a cependant pas relevé de traces de construction proche des deux nouveaux artefacts avec nom royal, le sceau d’Apriès et le serekh de Men-ib, et la position de ces deux bronzes lors de leur découverte pose le problème de leur situation. La plaque de l’Horus Men-ib pourrait provenir du tumulus. Il faut cependant aussi envisager la possibilité qu’elle a été trouvée tout simplement là où on l’avait placée dans l’antiquité, et le problème de sa situation ‘primaire’ ou ‘secondaire’ 114 est peut-être intriqué à celui posé par les traces de section qu’elle présente.
On avait déjà remarqué, lors des précédentes découvertes, que les plaques d’Amasis et de Psammétique I provenant du temple de Khonsou-Thoth avaient été découpées, de même que d’autres pièces, comme par exemple la tête de Neith qui avait été sectionnée au cou. 115 On relève également de telles traces sur le serekh de Men-ib. Les sections remarquées sur ces pièces, comme sur celles des autres artefacts, sont effectuées de façon soignée, en respectant figures et hiéroglyphes. On pourrait être amené à penser qu’elles ont été réalisées par des professionnels, de même que certaines destructions perpétrées sur des statues royales semblent avoir été confiées à des artisans sculpteurs. 116
Dans le cas des objets issus du sanctuaire de Khonsou-Thoth de Thônis-Héracléion, l’archéologie apporte un renseignement important : elle permet d’affirmer que les dépôts ont été effectués de leur temps, au sixième siècle, avant l’inaccessibilité du temple ou juste après, mais forcément avant que la zone ne soit recouverte par les couches successives d’argile. Ces constatations impliquent que la plaque de bronze au nom d’Amasis et celle du serekh de Psammétique I, de même que certains autres objets issus de ce sanctuaire, ont été laissés sur place après découpe, ou remis secondairement sur l’aire du temple dont ils provenaient. Les raisons de ces pratiques nous échappent, mais elles sont constatées dans d’autres cas, comme par exemple sur le serekh de Néchao II de Saqqâra, publié par C. Insley Green.
Pour le serekh de Men-ib, dans le cas où il ne vient pas du tumulus oriental et se trouvait à sa place originelle lors de sa découverte, il faudra expliquer le lieu de son placement après découpe. Le choix du lieu de l’éventuel dépôt, à l’entrée de la Porte Canopique, serait alors peut-être chargé d’une intention apotropaïque au bénéfice de l’entrée en Égypte, zone de passage entre l’’étranger’ et les Deux Terres (?).
Les fouilles futures aideront peut-être à l’identification de Men-ib, roi de la vingt-sixième dynastie, ou titre d’Amyrtée de la vingt-huitième. Doit-on par ailleurs formellement écarter la possibilité que ce nom puisse être celui de l’un des dynastes saïtes ? On évoquerait alors l’illustre Inaros, qui a régné avant de tomber aux mains des Perses, ou son compagnon d’armes, Amyrtée l’Ancien, l’ancêtre du roi homonyme de la vingt-huitième dynastie. 117
Les plaques de bronze à noms royaux provenant des canaux situés au nord de la ville, dont les trouvailles font de la voie septentrionale une véritable ‘voie royale’, soulèvent de nombreuses questions auxquelles il n’est actuellement pas aisé de répondre; leur découverte à Thônis-Héracléion et leur échelonnement le long de cette voie d’eau rappellent que l’entrée de la bouche Canopique fut le théâtre où se sont joués, pendant près de quatre siècles, maints épisodes de l’histoire saïte, comme l’insoumission des combattants des marais, la montée en puissance et l’opulence des Psammétique ou la naissance du conflit entre Apriès et Amasis.
Footnotes
Remerciements et Financement
The author(s) disclosed receipt of the following financial support for the research, authorship, and/or publication of this article: La rédaction de cet article a été rendue possible grâce au financement des fouilles par la Hilti Foundation qui soutient l’IEASM depuis plus de vingt ans.
1
A vol d’oiseau, Saïs et Thônis-Héracléion sont distantes d’un peu moins de 80 km.
2
Voir par exemple dans N. Grimal, La stèle triomphale de Pi(ankh)y au Musée du Caire. JE 48862 et 47086-47089 (MIFAO 105 ; Le Caire, 1981), carte III.
3
P. Montet, Géographie de l’Égypte ancienne (Paris, 1957), 59; D. Meeks, ‘Oléiculture et viticulture dans l’Égypte pharaonique’, dans M. C. Amouretti et J. P. Brun (éds), La production du vin et de l’huile en Méditerranée (Paris, 1993), 14–15 et carte en fig. 3.
4
Montet, Géographie, 66.
5
Montet, Géographie, 61–2.
6
J. Yoyotte, Les principautés du Delta au temps de l’anarchie libyenne (Le Caire, 2012), 47–59, 67; (nouvelle édition de l’œuvre parue en 1961 dans Mélanges Maspéro; pages correspondantes dans l’œuvre initiale: 151–9, 164).
7
La ville a été identifiée en 2000 par les découvertes archéologiques de l’île centrale, telles que celles de la stèle de Thônis-Héracléion de Nectanebo I et le naos d’Amon-Gereb : F. Goddio, The Topography and Excavation of Heracleion-Thonis and East Canopus (1996-2006) (OCMA I ; Oxford, 2007), 69–130.
8
La distinction se fait par des données géophysiques, archéologiques et celles fournies par l’étude de la flore et de la faune.
9
Voir plus bas et note 36.
10
C. Grataloup et E. McCann, ‘Daily Life in the Canopic Region’, dans F. Goddio et D. Fabre (éds), Egypt’s Sunken Treasures (Munich, 2008), 246; C. Grataloup, ‘Occupation and Trade at Heracleion-Thonis – the evidence from the Pottery’, dans D. Robinson et A. Wilson (eds), Alexandria and the North-Western Delta, Joint Conference Proceedings of ‘Alexandria: City and Harbour (Oxford 2004)’ and ‘The Trade and Topography of Egypt’s North-West Delta, 8th century BC to 8th century AD (Berlin 2006)’ (OCMA 5; Oxford, 2010), 151–3; C. Grataloup, ‘Thonis-Heracleion pottery of the Late Period: tradition and influences’, dans D. Robinson et F. Goddio (éds), Thonis-Heracleion in context (OCMA 8; Oxford, 2015), 137–40.
11
Thônis-Héracléion couvre environ 1,8 km² sur les 110 km² de terres immergées identifiées lors des missions géophysiques et archéologiques.
12
Pour le grand nombre d’objets témoignant de cérémonies osiriennes sur le téménos du temple d’Amon-Gereb, et de processions nautiques sur les canaux sacrés qui entourent le temple, voir F. Goddio, ‘The Sacred Topography of Thonis-Heracleion’, dans D. Robinson et F. Goddio (éds), Thonis-Heracleion in context (OCMA 8 ; Oxford, 2015), 28–39.
13
Il se pourrait que le séisme soit celui survenu à la moitié du deuxième siècle av. J.C., qui mit fin à l’activité du temple d’Amon-Gereb, et pratiquement à celle de la ville : Goddio, dans Robinson et Goddio (éds), Thonis-Heracleion in context, 46; Grataloup, dans Robinson et Goddio (éds), Thonis-Heracleion in context, 156.
14
Les couches de limon argileux s’étaient évidemment déposées de façon horizontale.
15
HX 11302 ; SCA 1310. Hauteur 8,8 cm ; largeur 9,7 cm ; épaisseur 0,6 cm.
16
HX 12826 ; SCA 1575. Hauteur 13 cm ; faces larges 9,1 cm à la base ; faces étroites 6 cm.
17
F. Labrique, ‘Le ba-uni de Khonsou-Thot, juge et partie’, dans N. Belayche, P. Brulé, G. Freyburger, Y. Lehmann, L. Pernot et F. Prost (éds), Nommer les dieux, théonymes, épithètes, épiclèses dans l’Antiquité (Turnhout, 2005), 309–19. Il est possible que cette plaque (de même que l’objet pyramidal) soit liée à un évènement consacrant la légitimation d’Amasis dans le sanctuaire de Khonsou-Thoth.
18
Le Livre de la Vache du Ciel : E. Hornung, Der ägyptische Mythos von der Himmelskuh. Eine Ätiologie des Unvollkommenen (OBO 46 ; Fribourg, 1982), 24, 45 ; N. Guilhou, La vieillesse des dieux (Montpellier, 1989), 12, 21 43–4 ; S. H. Aufrère, ‘“Héraklès égyptien” et la maîtrise des eaux, de l’Achélôos au Nil et au Bahr el-Youssef’, dans S. H. Aufrère et M. Mazoyer (éds), Au confluent des cultures. Enjeux et maîtrise de l’eau (Cahiers Kubaba ; Paris, 2015), 35, n. 122.
19
A. S. von Bomhard, Theological Defences at the Canopic Gate in the Saïte Period (OCMA 9 ; Oxford, 2017), 45–64 pour la petite pyramide.
20
Ce qui reste de l’une des faces larges, très endommagée, semble être la réplique de celle qui est assez bien conservée.
21
Par exemple M. Lichtheim, ‘Situla n° 11395 and Some Remarks on Egyptian Situlae’, JNES 6 (1947), 177, pls V–VI ; C. Insley Green, The Temple Furniture from the Sacred Animal Necropolis at North Saqqâra 1964-1976, (EES EM 53 ; Londres, 1987), 66–115 ; C. Derricks, Antiquités égyptiennes au Musée royal de Mariemont (Morlanwels, 2009), 206–9.
22
On ne trouve pas de parallèle à cette petite pyramide de bronze, mais on pourrait citer la plaque de bronze récemment découverte à Karnak dans le trésor de Chabaka. Datée de la 21e dynastie, elle donne une représentation du bâton sacré d’Amon ainsi que de la barque sacrée Ouserhat qui effectuait les navigations fluviales au cours de ces grandes fêtes thébaines : N. Licitra, ‘Une plaque en alliage cuivreux aux noms du premier prophète Menkhéperrê et du prêtre Horemakhbit’, RdE 67 (2016), 46, pl. 3.
23
Un petit naos de bois provenant de Tuna el-Gebel montre une disposition similaire avec Darius I de part et d’autre d’une porte : K. Myśliwiec, Royal Portraiture of the Dynasties XXI-XXX (Mainz, 1988), 122, pl. 70a. Voir aussi pour une petite porte de naos en bois du 7e–6e siècle, Insley Green, Temple Furniture, 13, no. 13, fig. 16.
24
Une décoration similaire apparaît sur la face postérieure d’un petit naos de faïence d’env. 25 cm de haut, d’époque romaine : G. Roeder, Naos (Leipzig, 1914), 145–6, no. 70050, pl. 45b.
25
Hérodote, Histoires II.113 : « …il y avait sur le rivage - il y est encore aujourd’hui - un sanctuaire d’Héraclès… ».
26
L’activité cultuelle du temple d’Amon et de Khonsou sur l’île centrale ne débute qu’à l’époque des dynasties indigènes (le plus ancien artefact daté est la stèle de Thônis-Héracléion de l’an 1 de Nectanebo I), et elle prend fin entre 150 et 140 av. J.C., à une date plus proche de 140 que de 150, comme l’indiquent les études céramiques (c’est-à-dire durant le règne de Ptolémée VIII Évergète II). Les couches profondes de l’île centrale contiennent certes des céramiques d’époque saïte, mais il s’agît de vaisselle utilitaire, et aucun artefact de cette époque ne suggère d’activité cultuelle en ce lieu à l’époque saïte.
27
Sur ce problème et les repérages déjà effectués sur ces terres, voir Goddio, dans Robinson et Goddio (éds), Thonis Heracleion in context, 45–6.
28
HX 11303 ; SCA 1392. Hauteur 11 cm, mais environ 20 cm à l’origine, car la partie ‘façade de palais’ est manquante ; largeur 7 cm ; épaisseur 3,3 cm ; von Bomhard, Theological Defences 31–3.
29
Ce nom d’Horus est aussi celui de Nephéritès I, premier roi de la 29e dynastie, et celui d’Achoris de la fin de cette même dynastie, mais ces rois sont exclus par le contexte archéologique du site de trouvaille (exclusivement fin 7e–milieu 6e siècle av. J.C.).
30
Insley Green, Temple Furniture, 24, no. 44, fig. 35.
31
von Bomhard, Theological Defences, 36–8.
32
H 11632 ; SCA 1615. Hauteur 3 cm ; largeur 1,8 cm ; diamètre 2,1 cm ; voir S. S. Heinz, The Statuettes and Amulets of Thonis-Heracleion (Ph.D. thesis, University of Oxford; Oxford, 2013), vol. 2, no. 79 ; Goddio, dans Robinson et Goddio (éds), Thonis-Heracleion in context, 41.
33
Probablement par une pince coupante d’après l’aspect des sections.
34
HX 11301 ; SCA 1309. Hauteur 7 cm ; largeur externe 4,2 cm ; Goddio, dans Robinson et Goddio (éds), Thonis-Heracleion in context, 41.
35
Sur l’autre face, il reste : ‘…ḫpš ḥw…’, ‘…force, celui qui frappe…’. Aucun nom royal n’apparait sur cette pièce.
36
T(ȝ) ḥnt est devenu ‘Thônis’; la trouvaille du monument dans le temple d’Amon Gereb et de Khonsou, désigné comme ‘Héracléion’ dans le Décret de Canope, a permis de comprendre que Thônis et Héracléion étaient deux noms pour une même ville. A l’instigation de A. Bernand et J. Yoyotte, il a été décidé de réunir les deux noms et d’orthographier Héracléion avec un ‘c’ pour la distinguer d’Hérakléion en Crète.
37
Voir A. S. von Bomhard, The Decree of Saïs, The stelae of Thonis-Heracleion and Naukratis (OCMA 7 ; Oxford, 2012), 88–9; Goddio, dans Robinson et Goddio (éds), Thonis-Heracleion in context, 21. Ces précisions géographiques concernant Thônis-Héracléion sont absentes sur la copie de Naucratis.
38
G. Posener, La première domination perse en Égypte (BdE 11 ; Le Caire, 1936), 55–9 (no. 8, stèle de Maskhoutah) ; P. Briant, Histoire de l’empire perse de Cyrus à Alexandre (Paris, 1996), 494.
39
A. Daninos, ‘Note sur les fouilles de Metrahyneh’, ASAE 5 (1904), 142–3.
40
G. Daressy, ‘Une trouvaille de bronzes à Mit Rahineh’, ASAE 3 (1902), 150.
41
Daressy, ASAE 3, pl. 1 ; L. Coulon, ‘Plaque ajourée représentant le dieu Hâpi’, dans O. Perdu et R. Meffre (éds), Le crépuscule des pharaons, chefs-d’œuvre des dernières dynasties égyptiennes (Bruxelles, 2012), 246–7.
42
L. Coulon, dans ‘Les plaques de bronze trouvées à Memphis par Daninos’, EAO 56 (2009), 54–5, montre des exemples de tels dressoirs décorés de figures de fécondité sur les représentations d’offrandes présentées devant les barques processionnelles lors de la fête d’Opet au temple de Louxor. Pour un équivalent en bois de telles figures de fécondité : Insley Green, Temple Furniture, 18–19, no. 28, fig. 26.
43
Daressy, ASAE 3, 143–4, pl. 2.
44
Mission mai/juin 2019 du site de Thônis-Héracléion.
45
Grataloup, dans Robinson et Wilson (éds), Alexandria and the North-Western Delta, 153 (Area B).
46
No. HX 12289. Hauteur 5,3 cm ; largeur 2,0 cm en haut, 1,9 cm en bas ; épaisseur 0,3 cm.
47
F. Leclère et J. Spencer, Tell Dafana Reconsidered: The Archaeology of an Egyptian Frontier Town (London, 2014), 66, EA 23903, pl. 24.
48
Metropolitan Museum, no. d’entrée 66.99.177, EA 27.748.
49
Leclère et Spencer, Tell Dafana, 66, EA 23791 et EA 23792, pl. 24.
50
H. Gauthier, Le livre des rois d’Égypte, IV (Le Caire, 1916), 97 ; Leclère et Spencer, Tell Dafana, 68 EA 23794, pl. 24.
51
W. M. F. Petrie, Scarabs and Cylinders with Names (Londres, 1917), pl. LVI, 26.2 (no. 5).
52
Gauthier, Rois d’Égypte IV, 126.
53
Gauthier, Rois d’Égypte IV, 89 ; Leclère et Spencer, Tell Dafana, 68, EA 23793, pl. 24.
54
Leclère et Spencer, Tell Dafana, 66, EA 23903, pl. 24.
55
A. Villing, M. Bergeron, G. Bourogiannis, A. Johnston, F. Leclère, A. Masson, et R. Thomas, Naukratis: Greeks in Egypt (Londres, 2015), 10–11.
56
No. HX 18960. Hauteur 18,5 cm ; largeur 7,5 cm.
57
Même orientation sur la plaque-serekh en bronze du roi Néchao II, publiée par Insley Green, Temple Furniture, 24, no. 44, fig. 35.
58
Les deux hiéroglyphes symétriques - le signe men et le cœur - qui composent le nom royal n’indiquent pas à eux seuls le sens de lecture.
59
SCA 389. Longueur 21,5 cm ; largeur 15,5 cm. L’inscription de cette plaque, ‘…m rȝ Ḥȝw-nbwt’, ‘sur l’embouchure des Grecs’, donne la formule simplifiée de l’expression gravée sur la stèle de Thônis-Héracléion: ‘m rȝ n wȝḏ-wr Ḥȝw-nbwt’, ‘à la bouche de la mer des Grecs’ : J. Yoyotte, ‘Bronze Plaques’, dans F. Goddio et D. Fabre (éds), Egypt’s Sunken Treasures (Munich, 2008), 337–8; Goddio, dans Robinson et Goddio (éds), Thonis-Heracleion in context, 44, fig. 1.40.
60
La suggestion de la fixation sur pierre de la plaque inscrite du nom des Ḥȝw-nbwt vient de J. Yoyotte, dans Goddio et Fabre (éds), Egypt’s Sunken Treasures, 337–8.
61
Gauthier, rois d’Égypte. III, 415, n. 2; J. von Beckerath, Handbuch der ägyptischen Königsnamen (MÄS 49 ; Mainz, 1999), 302 (index) et 212–13; K. Jansen-Winkeln, Inschriften der Spätzeit III. Die 25. Dynastie (Wiesbaden, 2009), 250–1.
62
La découverte du serekh de ‘Men-ib’ introduit un doute quant à l’attribution à Psammétique II (Menekh-ib) de la tête de statuette du Musée Jacquemart-André, MJAP-S 873, puisqu’il ne reste sur le monument du musée français que le premier hiéroglyphe du nom d’Horus, le signe men, sur la partie haute du pilier dorsal conservée : A. Leahy, ‘Saïte Royal Sculpture’, GM 80 (1984), 64; O. Perdu, ‘Tête de Psammétique II’, dans O. Perdu et R. Meffre (éds), Le crépuscule des pharaons, chefs-d’œuvre des dernières dynasties égyptiennes (Bruxelles, 2012), 8, 188–9. Menekh-ib est aussi le nom du roi perse Darius I, écarté pour des raisons de style, mais ‘Men-ib’ ne peut être formellement exclu.
63
Ces inscriptions, lues ‘l’Horus Men(kh)-ib’ pour la première et ‘l’Horus Menkh-(ib)’ pour la seconde, sont attribuées à Psammétique II : Petrie, Scarabs and Cylinders, pl. 56, 26.3 no. 1–2; R. Gozzoli, Psammetichus II, Reign, Documents and Officials (Londres, 2017), 151.
64
La variante de la plaque de Thônis-Héracléion viendrait alors s’ajouter au premier de ces deux scarabées et ces deux seuls cas d’improbable variante s’opposeraient à la quarantaine de ‘Menekh-ib’ dument répertoriés comme nom d’Horus de Psammétique II : Gozzoli, Psammetichus II, 103–76.
65
Voir von Beckerath, Handbuch, 214–19.
66
Grataloup, dans Robinson et Wilson (éds), Alexandria and the North-Western Delta, 151–4 (Area A et Area C).
67
Edition W. G. Waddell, Manetho (Londres, 1948), 165–7, 169–73, 179.
68
Gauthier, Livre des rois, vol. III, 407–16 ; Gauthier, Livre des rois, vol. IV, 65–132, 157–60 ; von Beckerath, Handbuch, 202–3, 212–19, 222–3 ; Jansen-Winkeln, Inschriften der Spätzeit III, 250–1 ; K. Jansen-Winkeln, Inschriften der Spätzeit IV, vol. I ; K. Jansen-Winkeln, Inschriften der Spätzeit II. Die 22.-24. Dynastie (Wiesbaden, 2016), 372–81 ; M. A. Bonhème, Les noms royaux dans l’Égypte de Troisième Période Intermédiaire (Le Caire, 1987), 228–35.
69
Le nom de ce souverain est mis en crochet dans le tableau sous le nom de Tefnakht I. Il n’est pas cité par Manethon probablement parce que ce nom n’était pas enregistré dans les sources memphites qui auraient été utilisées par Manethon.
70
L’inversion de l’ordre de succession de ces rois semble actuellement être acquis.
71
Selon Manethon, le roi koushite le fit brûler vif.
72
Waddell, Manetho, 167–9.
73
Gauthier, Livre des rois, vol. IV, 1–45 ; von Beckerath, Handbuch, 206–11; Jansen-Winkeln, Inschriften III, 1–249; Jansen-Winkeln, Inschriften II, 337–61.
74
Le règne de Piankhy est précédé de celui d’Alara, et de Kachta.
75
Surtout la stèle de Piankhy, qui détaille les possessions de Tefnakht et ses alliances : N. Grimal, La stèle triomphale de Pi(ankh)y au Musée du Caire. JE 48862 et 47086-47089 (MIFAO 105 ; Le Caire, 1981), 12, 210, mais aussi deux stèles datées l’une de l’an 36 et l’autre de l’an 38 d’un roi indéterminé (cartouches vides) provenant de Bouto: Yoyotte, Les principautés, 48–58, propose que ce roi indéterminé soit Sheshonq V (767–730), roi de la vingt-deuxième dynastie de Tanis, qui régnait alors concomitamment. Tefnakht est désigné sur la stèle de l’an 36 comme ‘le grand chef des Ma et commandant Tefnakht’, et sur celle de l’an 38 comme ‘le grand chef du pays tout entier, Tefnakht’. Le nom du grand chef de l’ouest du Delta apparait aussi sur une statue de bronze consacrée à l’Amon de Saïs, conservée dans le Musée égyptien de Florence : sur le socle, Tefnakht est qualifié de ‘grand chef des Ma et grand chef des Libou’ ; la pièce indique aussi que Tefnakht était prêtre de Neith, de Ouadjet, de la Maitresse d’Imaou, et de Sekhmet : P. L. Del Francia, ‘Di una statuetta dedicata ad Amon-Ra dal grande capo dei Ma Tefnakht nel Museo Egizio di Firenze’, dans S. Russo (éd.), Atti del V Covegno Nazionale di Egittologia e Papyrologia, Firenze, 10-12 dicembre 1999 (Florence, 2000), 76–7 ; I. Guermeur, Les cultes d’Amon hors de Thèbes. Recherches de géographie religieuse (Bibliothèque de l’ÉPHE, SR 123 ; Turnhout, 2005), 119–20.
76
Stèle Michaïlidis: J. Yoyotte, ‘Notes et documents pour servir à l’histoire de Tanis’, Kemi 21 (1971), 37–40; O. Perdu, ‘De Stéphinatès à Néchao ou les débuts de la XXVIe dynastie’, CRAIBL 146:4 (2002), 1223, fig. 2.
77
Stèle d’Athènes : R. El-Sayed, Documents relatifs à Saïs et ses divinités (BdE 69 ; Le Caire, 1975), 37–53 ; Perdu, CRAIBL 146:4, 1222, fig. 1.
78
Déjà par W. M. F. Petrie, dans A History of Egypt III from the XIXth to the XXXth Dynasties (3) (London, 1905), 312–13, ensuite par K.-H. Priese, ‘Der Beginn der kuschitischen Herrschaft in Ägypten’, ZÄS 98 (1972), 19–20, et dernièrement par les mises au point de Perdu, CRAIBL 146:4, 1215–44, et J. Yoyotte, ‘Les fondements géopolitiques du pouvoir saïte’, dans D. Devauchelle (éd.), La XXVIe dynastie, continuités et ruptures (Paris, 2011), 1–32. L’identification de Stéphinatès à Tefnakht II n’explique cependant pas le nom ‘Stéphinatès’ donné par Manéthon.
79
Par exemple K. Ryholt, ‘New Light on the Legendary King Nechepsos of Egypt’, JEA 97 (2011), 61–72. Cette proposition est en contradiction avec l’ordre de succession donné par Manéthon. Néchepso est le nom du fameux astrologue si présent dans les écrits hermétiques de langue grecque et latine, et très connu des écrits démotiques ; le nom du roi est suivi de pȝ šš dans le P. Carlsberg 710 ; pour l’étymologie du nom ‘Néchepso le savant (šsȝ ou šs)’, en remplaçant dans son cartouche la tête de bélier par un chef d’antilope, voir Ryholt, JEA 97, 64.
80
Pour la vraisemblable identité Amyrtée/Psammétique V, voir M. Chauveau, ‘Les archives d’un temple des Oasis au temps des Perses’, BSFE 137 (1996), 47.
81
H. De Meulenaere, ‘Amyrtaios’, LÄ 1 (1975), 252–3. La première révolte égyptienne, à la fin du règne de Darius I, fut réprimée par Xerxès I vers 485, et la seconde, 30 ans plus tard, écrasée par Artaxerxès I.
82
Sur Inaros, ‘Prince des rebelles’, attesté dans un contrat du temps de la première domination perse : M. Chauveau, ‘Inarôs, prince des rebelles’, dans F. Hoffmann et H. J. Thissen (éds), res severa verum gaudium, Festschrift für Karl-Theodor Zauzich zum 65. Geburtstag am 8. Juni 2004 (Louvain, 2004), 44–6. Voir aussi Yoyotte, dans Devauchelle (éd.), La XXVIe dynastie, continuités et ruptures, 23, n. 163 pour une autre lecture du mot ‘rebelle’. Inaros serait le fils d’un Psammétique IV qui aurait régné sur le Delta Occidental vers les années 486–484 : A. Spalinger, ‘Psammeticus I-VI’, LÄ 4 (1982), 1173–4 ; Chauveau, BSFE 137, 45–7, n. 24.
83
D’après Briant, Histoire de l’empire perse, 592, qui cite Diodore.
84
Pour les textes déjà publiés composant cette littérature : M. Chauveau, ‘Les richesses méconnues de la littérature démotique’, BSFE 156 (2003), 31–5 ; M. Chauveau, ‘Les romans du cycle d’Inaros et de Pédoubastis’, EAO 29 (2003), 19–28. Pour les inédits signalés, surtout ceux provenant du temple de Tebtunis, voir p. ex. K. Ryholt, ‘The Assyrian Invasion of Egypt in Egyptian Literary Tradition, A survey of the Narrative Source Material’, dans J. G. Dercksen (éd.), Assyria and Beyond. Studies Presented to Mogens Trolle Larsen (Leyde, 2004), 490–500.
85
On voit en effet intervenir un roi Pedoubastis de Tanis et, surtout, le roi Nechao (père de Psammétique I) qui se révolta d’abord contre les Assyriens, avant d’être soutenu par eux contre les Koushites.
86
Voir à ce propos K. Jansen-Winkeln, ‘The Chronology of the Third Intermediate Period: Dyns. 22-24’, dans E. Hornung, R. Krauss, et D. A. Warburton (éds), Ancient Egyptian Chronology (Leyde, 2006), 262–4.
87
‘C’est-Amon-qui-l’a-créé’ (ʿImn-ỉ.ỉr-dỉ-sw).
88
C. Grataloup, ‘Céramiques calcaires d’époque perse et des dernières dynasties indigènes à Thônis-Héracléion’, ENiM 5 (2012), 167–8, 179–81.
89
Manéthon compte 8 rois pour la vingt-septième dynastie, en incluant Artaban, le meurtrier de Xerxès I (ayant régné 7 mois), et Sogdianus, le meurtrier de Xerxès II (également pour 7 mois) : Waddell, Manetho, 175–7.
90
Darius I dispose aussi d’un second nom d’Horus : wr nb mr(y) šmʿw : von Beckerath, Handbuch, 220–1.
91
Posener, La première domination perse, 6–7, 14–6.
92
Posener, La première domination perse, 21–2 ; il s’agit certainement de la bibliothèque-école de médecine du temple de Saïs, bien que ce ne soit pas précisé sur la statue de Oudjahorresne.
93
Dessin dans P. Briant, Darius, les Perses et l’Empire (Paris, 1992), 62.
94
C’est-à-dire toutes les lois en vigueur à la veille de l’invasion persane, l’année 44 étant la dernière d’Amasis. L’an 44 d’Amasis est mentionné sur la stèle colossale de Ptolémée VIII trouvée à Thônis-Héracléion ; sur cette date : C. Thiers, La Stèle de Ptolémée VIII Évergète II à Héracléion (OCMA 4 ; Oxford, 2009), 35–6 ; C. Thiers, ‘L’an 44 d’Amasis sur la grande stèle ptolémaïque d’Héracléion’, dans D. Devauchelle (ed.), La XXVIe dynastie, continuités et ruptures (Paris, 2011), 247–51 ; D. Agut-Labordère, ‘Darius législateur et les sages de l’Égypte : un addendum au Livre des Ordonnances’, CRIPEL 28 (2009–10), 355.
95
Men-ib en variante de Menekh-ib pour Darius I, comme déjà évoqué pour Psammétique II ?
96
Goddio, dans Robinson et Goddio (éds), Thonis-Heracleion in context, 28–9, fig. 1.20.
97
HX 13111-1 (coque) ; HX 10285 (trône) ; HX 13111-2 (gouvernail) ; Goddio, dans Robinson et Goddio (éds), Thonis-Heracleion in context, 36.
98
Si la plaque provient du tumulus, les datations céramiques du site, fin 5e–première moitié 4e, seraient plutôt en faveur de l’attribution du nom ‘Men-ib’ à Amyrtée de la vingt-huitième dynastie.
99
Le premier dépôt est composé de 12 pièces, référencées de HX 10782 à HX 10793.
100
M. Perraud, ‘Les formules spécifiques du chapitre 166 du Livre des Morts inscrites sur des amulettes-chevets’, dans J. C. Goyon et C. Cardin (éds), Actes du neuvième congrès international des égyptologues, Grenoble 6-12 septembre 2004 (OLA 150 ; Louvain, 2007), 1495, qui signale que ces amulettes-chevets sont souvent en hématite, et qu’elles donnent, lorsqu’elles sont inscrites, une version spécifique du chapitre 166 du Livre des Morts, différente de celle figurant sur les papyrus.
101
Pour la version spécifique des amulettes-chevets et la traduction générique de ces textes, voir Perraud, dans Goyon et Cardin (éds), Actes du neuvième congrès, 1502–4 ‘ …tu as démembré en coupant la tête de tes ennemis, ils ne t’enlèveront plus ta tête durant l’éternité… ‘.
102
Le deuxième dépôt est composé de 14 pièces, le total étant référencé sous le numéro J8 19737, et chacune des pièces par une lettre, de A à N.
103
C. Grataloup (rapport de fouille 2019, en préparation) à propos des céramiques: ‘…cet ensemble est remarquable’, et ‘…pour Thônis-Héracléion ce sont les seuls exemplaires connus de ce type’; ‘…selon une étude ce type d’unguentarium apparait durant la première partie du 5e siècle av. J.C. en Espagne, mais ne serait trouvé dans l’est de la Méditerranée qu’à la fin du 4e siècle av. J.C.’; B. A. Sparkes and L. Talcott, The Athenian Agora, XII part I–II, Black and Plain Pottery of the 6th, 5th and 4th centuries B.C. (Princeton, 1970), 156, pl. 39.1159; V. R. Anderson-Stojanovic, ‘The Chronology and Function of Ceramic Unguentaria’, AJA 91 (1987), 108.
104
F. Goddio et D. Fabre, Egypt’s Sunken Treasures (Munich, 2008), 193 no. 346; Goddio, dans Robinson et Goddio (éds), Thonis-Heracleion in context, 36.
105
Trouvée le 16.06.2019, elle porte le no. J8 19936.
106
H1 1490 ; SCA 287 ; B. Lichocka et J. Yoyotte, ‘Cypriot hemistater’, dans Goddio et Fabre (éds), Egypt’s Sunken Treasures, 351 no. 421.
107
Notamment le grand nombre de simpula, cuillers-mesures rituelles, qui ont été déposées dans les canaux (Goddio, dans Robinson et Goddio (éds), Thonis-Heracleion in context, 28–32, figs 1.21, 1.23) de même que les petites barques en plomb longues d’une coudée, pourvues d’un trône, et représentant parfois les papyrus dont étaient faites les vraies barques rituelles (Goddio, dans Robinson et Goddio (éds), Thonis-Heracleion in context, 35–6, figs 1.31–1.32); elles répondent en tout point à la description de Dendera des 34 embarcations en papyrus lancées sur le lac sacré lors de la navigation du 22 Khoiak : S. Cauville, Dendara X, Les chapelles osiriennes, Transcription et Traductions (BdE 117 ; Le Caire, 1997), 22 (Dendera X, 37–8).
108
S. Cauville, Les chapelles osiriennes, 25–6 (Dendera X, 44–6).
109
J. F. Quack, ‘Die rituelle Erneuerung der Osirisfigurinen’, WdO 31 (2000–1), 6–7 ; L. Coulon, ‘Du périssable au cylique’: les effigies annuelles d’Osiris’, dans S. Estienne, V. Huet, F. Lissarrague, et F. Prost (éds), Figures de dieux, construire le divin en images (Rennes, 2015), 314–15, l’auteur indiquant que c’est une manière ‘…d’inscrire les figurines dans les cycles de renouvellement ‘.
110
Comme le remarque J. F. Quack, ‘Les normes pour le culte d’Osiris, Les indications du Manuel du Temple sur les lieux et les prêtres osiriens’, dans L. Coulon (éd.), Le culte d’Osiris au Ier millénaire av. J.C., Découvertes et travaux récents (BdE 153 ; Le Caire, 2010), 30.
111
On compte à ce jour plus de 200 simpula, presque toutes trouvées dans l’eau ; certaines avaient été pliées ou endommagées avant d’être jetées à l’eau, certainement afin d’éviter qu’elles ne puissent être réutilisées après leur usage sacré, à savoir le dosage des substances employées pour la fabrication des figurines. Elles étaient ainsi doublement protégées, d’une part par l’immersion les rendant inaccessibles, et, d’autre part, par leur dégradation, les rendant impropres à une réutilisation : Goddio, dans Robinson et Goddio (éds), Thonis-Heracleion in context, 29–31, figs 1.21–1.23. Sur cette double précaution prise pour les objets sacrés : Quack, WdO 31, 14–16.
112
D. Fabre, ‘Heracleion-Thonis: Customs station and Emporium’, dans Goddio et Fabre (éds), Egypt’s Sunken Treasures (Munich, 2008), 221–4.
113
von Bomhard, Theological Defences at the Canopic Gate, 30, 85–6.
114
Pour un classement de différents types de ‘caches’ ou de ‘dépôts’ en contexte ‘primaire’ ou ‘secondaire’ : G. Charloux, M. A. Abady Mahmoud, et A. M. Sayyed Elnasseh, ‘La favissa du temple de Ptah, une sépulture de statue divine ?’ dans G. Charloux et C. Thiers (éds), Le temple de Ptah à Karnak III, La favissa (BiGen 55 ; Le Caire, 2019), 24–9.
115
C’est aussi le cas d’autres artefacts provenant du même temple, comme une grande plaque de bronze (H 11287) longue de 23 cm et large de 1,8 cm, décorée d’un disque ailé et radiant, découpée tout le long du motif en respectant l’image ; il pourrait peut-être s’agir d’un fragment de la partie supérieure d’une rare petite stèle de ce métal. Pour photographie de la pièce : von Bomhard, Theological Defences, 21, fig. 2.19.
116
C. Bonnet, ‘Les destructions perpétrées durant la campagne de Psammétique II en Nubie, et les dépôts consécutifs’, dans D. Valbelle et J. M. Yoyotte (éds), Statues égyptiennes et kouchites démenbrées et reconstituées. Hommage à Charles Bonnet (IEA 5 ; Paris, 2011), 24 ; E. Jambon, ‘La Cachette de Karnak, Étude analytique et essais d’interprétation’, dans L. Coulon (éd.), La Cachette de Karnak, nouvelles perspectives sur les découvertes de Georges Legrain (BdE 161 ; Le Caire, 2016), 154–5.
117
Il semble qu’après la révolte d’Inaros et Amyrtée, les Perses aient maintenu le pouvoir du second ou de son fils sur la région, certainement en échange de l’assurance de ne plus fomenter d’insurrection : Briant, Histoire de l’empire perse, 593.
