Abstract

Ce numéro du BMS est un numéro thématique sur « Liens négatifs, Liens perdus, Liens latents », et comprend une note de recherche en cours en anglais et cinq en français. Ces textes sont basés sur des présentations faites lors des journées d’études du même nom qui ont eu lieu les 5-6 avril 2012, à Toulouse à l'Université Toulouse le Mirail (Toulouse 2), organisées par le group ReSTo – dont elles étaient les septièmes « journées d'études » – et par le Réseau thématique « Réseaux sociaux » (RT26) de l’Association française de sociologie (AFS) – dont elles étaient la réunion inter-congrès AFS. La première note de recherche, en anglais, « Numéro spécial sur les réseaux sociaux – “Liens négatifs, Liens perdus, Liens latents” », par Nathalie Chauvac, Laurence Cloutier, Adrien Defossez, Grégori Akermann et Ainhoa de Federico, présente ce numéro thématique et donne un aperçu des travaux sur les réseaux sociaux qui sont « inefficaces », « conflictuels », « absents » ou « interdits » en s'appuyant sur les textes présentés.
La deuxième note de recherche, en français, « Les significations des zéros dans les réseaux personnels », par Alexis Ferrand, examine les liens manquants qui sont interprétés différemment selon divers paradigmes sociologiques et selon les questions qui se présent. Certains « zéros » sont d'une importance capitale, tandis que d'autres sont insignifiants. En outre, certains ne sont que faiblement absents pendant une période donnée, et il serait intéressant de révéler leur existence potentielle.
La troisième note de recherche, en français, « Les liens négatifs dans l'emploi », par Nathalie Chauvac, montre que, parfois, avoir les liens ou les relations nécessaires n'autorise pas nécessairement l'accès à l'emploi et ne sont pas efficaces. Ces liens peuvent être négatifs, soit parce qu'ils bloquent l'accès à certaines ressources, soit parce qu'ils engendrent plus de contraintes qu'ils ne fournissent de ressources positves.
La quatrième note de recherche, en français, « Les non-relations - Analyse typologique et portée heuristique d’un biais », par Cécile Plessard, examine des entretiens biographiques et des générateurs de noms pour tracer les réseaux personnels de liens individuels. Cependant, la résistance biographique des répondants a produit une autre entité entièrement définie : le « non-relation ». La déconstruction de ces liens révèle alors la pratique relationnelle individuelle et le travail de sociabilité impliqué.
La cinquième note de recherche, en français, « De l’inefficacité du réseau social - Des liens sociaux non mobilisés chez les patients atteints de cancer », par Adrien Defossez, discute des réseaux « inefficaces » à travers le cas des patients atteints de cancer qui cherchent des informations sur leur pathologie. Les résultats indiquent que les causes de l'inefficacité sont la non-mobilisation des liens et le fait que les contraintes sur ces liens empêchent leur mobilisation.
La sixième note de recherche, en français, « Les réseaux personnels des doctorants dans des chaînes latentes - Retour sur une recherche-action », par Marie-Pierre Bès et Nathalie Chauvac, est basée sur un exercice où il était demandé aux doctorants d'énumérer ceux qui les aident dans leur travail, les autres personnes qui travaillent avec leur directeur de thèse, et ceux qu'ils aimeraient contacter pour faire des progrès. Cette analyse révèle trois types de « réseaux », et souligne l'importance des chaînes de liens latents qui pourraient être activées si les étudiants étaient plus conscients de leur existence.
