Abstract

Pour la première fois depuis que nous dirigeons le BMS, nous avons le plaisir d’accueillir un éditeur invité. Il s’agit de Thibaut Rioufreyt, un collègue lyonnais, qui a préparé pour le BMS un numéro consacré aux CAQDAS, ces outils logiciels d’aide à l’analyse des enquêtes qualitatives.
Les revues sont friandes de numéros invités. D’abord parce que les numéros thématiques attirent plus facilement l’attention que les numéros varia. Et puis ils peuvent sembler, à première vue, faciliter la tâche des responsables de la revue. En réalité, le travail de fabrication d’un numéro invité est souvent tout sauf simple et économe. Le double niveau d’évaluation et de responsabilité scientifique que constituent l’éditeur invité et les responsables de la revue peut générer des tensions. Nous avons donc mis en place des procédures pour tenter de les contenir.
Les propositions de numéro sont d’abord adressées à l’ensemble du Comité éditorial du BMS, qui les évalue. Chaque projet doit rendre compte de la façon dont le sujet est appréhendé en le resituant dans la littérature internationale, et proposer cinq ou six papiers maximum qui tous, selon la ligne éditoriale du BMS, rendent compte de manière réflexive de la façon dont les outils ont été utilisés et les opérations de recherche réalisées. Une fois le projet validé, l’éditeur ou l’éditrice invité.e fait travailler les auteur.es en lien avec un membre du Comité. Lorsque tous les textes sont disponibles, la revue sollicite, via ses responsables, une évaluation externe – et une seule, contrairement aux articles soumis individuellement - puisque chaque article a déjà bénéficié des commentaires de l’éditeur (ou de l’éditrice) invité.e et du (ou de la) membre du Comité. Une fois les évaluations externes rassemblées, nous discutons avec notre éditeur invité de l’ensemble des papiers et décidons ensemble, autant que faire se peut, des articles que nous conservons et des modifications exigées, demandées ou suggérées. L’éditeur invité se retrouve à cet égard placé entre le marteau et l’enclume puisque la charge lui incombe d’annoncer les nouvelles aux auteur.es, et le cas échéant de travailler avec elles et eux sur des versions révisées, puis de les récupérer. Merci à Thibaut Rioufreyt de s'en être acquitté.
Les versions papier des revues tendent cependant à disparaître ; on peut dès lors s’interroger sur l’avenir de tels numéros thématiques puisque ce sont désormais les articles qui sont téléchargés, plutôt que les volumes complets. Cela n’a pas échappé à l’équipe de SAGE qui nous a proposé de constituer ce qu’elle appelle des numéros virtuels (virtual issues), en réunissant en ligne des articles publiés dans le BMS à des moments différents mais sur un thème commun. Ce que nous allons inaugurer ici en reliant au numéro préparé par Thibaut Rioufreyt une demi-douzaine d’articles publiés depuis 1997 dans la revue, remontant ainsi pratiquement aux origines des CAQDAS. Cela constitue pour nous l’opportunité de braquer à nouveau les projecteurs sur des textes qui nous semblent particulièrement utiles.
Le numéro 143 du BMS comporte donc trois articles sur l’usage des CAQDAS dont on trouvera la présentation dans l’introduction de Thibaut Rioufreyt. Ils sont signés par Kathia Barbier et Romain Juston, Luis Antonio Vila-Henninger ainsi que Thibaut Rioufreyt. Ils sont accompagnés d’un nouvel article qui relève de la rubrique Sciences sociales en question, coordonnée par Samy Cohen et Nonna Mayer, que nous avons inaugurée dans le numéro précédent. L’article de Staffan Lindberg et de ses collègues présente ce projet un peu fou qu’est la base de données V-Dem qu’ils développent ensemble. V-Dem qui a pour ambition de construire des indicateurs capables de qualifier dans la moyenne, voire la longue durée, le fonctionnement (plus ou moins) démocratique de tous les pays du monde.
