Abstract
Résumé
La critique s’est souvent intéressée à l’enracinement de l’histoire de Carmen dans l’histoire politique de la monarchie de Juillet. J’approfondis l’association des bohémiens et du républicanisme en étudiant la fiction dans le contexte de l’imaginaire ambivalent du peuple et de la république démocratique, à la suite de la révolution de 1830. Le mythe bourgeois de la femme fatale se révèle ainsi être une « parole dépolitisée » (Barthes), dont l’enracinement historique et politique apparaît notamment lorsqu’on étudie l’évolution de l’association des ‘bohémiens’ à la révolution, d’Hernani (1830) à Carmen (1845), en passant par Notre-Dame de Paris (1831). Le héros populaire hugolien d’avant la révolution cède alors la place à une femme fatale diabolisée, qui doit elle-même fatalement mourir. La nouvelle de Mérimée peut alors être lue comme une recherche des raisons de l’issue de la révolution de Juillet, à savoir la ‘mort’ de la république, dans le contexte d’une réflexion sur le césarisme dans les années 1840. La hantise fantastique de La Vénus d’Ille (1837) comprise comme la hantise d’un imaginaire de la république refoulée confirme ensuite la thèse sur le mythe de la femme fatale comme parole dépolitisée.
Get full access to this article
View all access options for this article.
