Abstract

« Picture me healthy » : une étude pilote utilisant Photovoice pour explorer les perceptions de la santé chez les jeunes migrants à Beijing, en Chine
En Chine, la mondialisation a entraîné un afflux de familles migrantes issues des provinces rurales vers les zones urbaines. Bien que la population migrante puisse vivre dans les mêmes villes que les résidents urbains, elle est confrontée à une vie différente du fait d’un accès restreint aux opportunités d’emploi, aux services sociaux et aux écoles. Les recherches portant sur les jeunes migrants chinois des zones rurales vers les zones urbaines sont limitées, en particulier autour des approches communautaires. Cette étude a examiné les perceptions qu’avaient les adolescents migrants de leur nutrition, de leur activité physique et de leur environnement de santé, à l’aide de la méthode de recherche participative communautaire « Photovoice ». Douze jeunes migrants (6 garçons et 6 filles) à Beijing, en Chine, ont participé à deux missions Photovoice axées sur la sécurité personnelle, la nutrition et l’activité physique. Les photographies prises par les jeunes ont orienté les discussions en groupe et des entretiens semi-structurés. Ils ont utilisé des processus inductifs et déductifs pour identifier des codes (des idées émergeant des textes) ; les codes similaires ont été regroupés en thèmes. La sécurité des piétons est la préoccupation la plus fréquente, en termes de sécurité personnelle. Une autre préoccupation pour la sécurité concerne l’excès des déchets dans la communauté. Les déchets constituent aussi un obstacle à la nutrition et à l’activité physique, puisque cela pose un problème de sécurité alimentaire et limite l’environnement physique dans lequel les enfants peuvent jouer. Les écoles et les centres de loisirs communautaires sont perçus comme des facilitateurs de l’activité physique. Cependant, les centres communautaires sont également un obstacle, car le nombre limité de centres entraîne une surpopulation et donc, des problèmes de sécurité. Photovoice a permis aux jeunes d’exprimer leurs perceptions de la santé. Nos données fournissent des éléments de compréhension préliminaires intéressants sur la vie des enfants migrants chinois, ce qui pourrait permettre de documenter le développement des interventions et plaider en faveur de changements environnementaux positifs pour cette population marginalisée. (Global Health Promotion, 2017; 24(3): 5–13)
Incohérence des informations sur les risques : une analyse pilote de la couverture médiatique en ligne du virus du Nil occidental
Le virus du Nil occidental (VNO) a été signalé comme étant l’une des pires épidémies de l’histoire des États-Unis. Cette étude a cherché à comprendre de quelle manière les articles sur le VNO étaient rédigés et comment les informations portant sur le risque avaient été présentées depuis son arrivée aux Etats-Unis en 1999, jusqu’en 2012. Les auteurs ont mené une analyse de contenu quantitative des articles d’information en ligne, obtenus au moyen de Google News (n = 428). Les résultats de cette analyse ont été comparés au système de surveillance ArboNET, des CDC [Centres américains de Contrôle des Maladies]. Les axes de traitement suivants ont été identifiés dans cette étude : action, conflit, conséquence, nouvelles données, confirmation et incertitude, avec l’axe de l’action apparaissant le plus fréquemment. Dans la majorité des articles, le risque était communiqué quantitativement sans contexte et ce n’est qu’en 2006, année où le VNO s’est retrouvé au troisième rang des décès signalés, que le risque a été signalé de manière statistiquement précise. Les résultats de cette analyse ont indiqué que les communautés à risque étaient potentiellement sous-informées car les risques exacts n’étaient pas bien communiqués. Cette étude nous offre des données pour attester de la manière dont les flambées de maladie sont couvertes par rapport aux données de surveillance réelles de la maladie. (Global Health Promotion, 2017; 24(3): 14–22)
Une coalition pour la santé visuelle à travers un programme d’école promotrice de santé, destiné aux élèves de l’enseignement primaire à Taïwan
La myopie, qui est le défaut de réfraction le plus courant, est aussi la cause la plus fréquente de déficience visuelle chez les enfants, et a atteint des proportions épidémiques chez les enfants et les jeunes adultes des zones urbaines d’Asie orientale et du Sud-est, où se trouvent des populations d’origine chinoise. De plus, la santé visuelle est un thème important du programme des écoles promotrices de santé (EPS), émis par le Ministère de l’Éducation de Taïwan. Le but de cette étude est d’évaluer l’impact avant et après l’intervention proposée par le modèle des EPS. Les objectifs sont de comprendre si le modèle d’EPS a influencé les résultats des contrôles visuels de même que l’attitude, le niveau des connaissances et le comportement par rapport à la vision des élèves concernés. Une conception d’étude de cohortes prospectives a été utilisée afin d’évaluer un programme de santé visuelle. Quatre écoles élémentaires, les autorités scolaires locales et une université du nord de Taïwan ont établi une coalition, afin de concevoir un programme de 6 mois destiné à lutter contre la myopie chez les élèves. La population cible était constituée de 6.668 enfants scolarisés dans des écoles élémentaires locales. Pour les besoins de cette étude, les résultats des tests d’acuité visuelle (en logMAR) ont été analysés avec un échantillon de 373 élèves (âgés de 11-12 ans) sélectionnés dans des classes où la prévalence de problèmes de vue était élevée. Après le programme d’EPS, les attitudes, les comportements et les niveaux de connaissances des élèves concernant la santé visuelle étaient considérablement améliorés. La moyenne logMAR de tous les élèves participants avant l’intervention (n = 373) était de -0,10 et est passée à -0,19 après l’intervention. L’analyse à l’aide du test des rangs signés de Wilcoxon a montré que la valeur logMAR s’était améliorée de manière significative après l’intervention (t = 2,13 ; p < 0,05). Nos résultats mettent en évidence la pertinence et l’efficacité des efforts de la coalition, ce qui renforce l’utilité d’une mise en œuvre coopérative du programme des EPS. (Global Health Promotion, 2017; 24(3): 23–31)
L’efficacité d’une intervention multidimensionnelle destinée à améliorer les compétences et les comportements concernant le lavage des mains chez les travailleurs migrants de Beijing, en Chine
Cette étude examine l’efficacité d’une intervention multidimensionnelle comportant une combinaison de documents imprimés et vidéo adaptés (« Tailored Print and Video » (TPV)) et d’éducation par les pairs, sur l’amélioration des compétences et des comportements concernant le lavage des mains chez les travailleurs migrants de la capitale chinoise. Dans le groupe de contrôle, des mesures de soutien à la fois politiques et environnementales ont été adoptées. Par ailleurs, le groupe d’intervention a reçu des documents imprimés et des vidéos adaptés, ainsi qu’une éducation par les pairs. Un total de 1.496 participants a été impliqué dans l’enquête de référence et dans celle d’évaluation, respectivement. Les résultats ont montré que les participants avaient connu des changements significatifs en développant globalement des comportements et des compétences de santé après l’intervention. L’efficacité de l’intervention sur les compétences des vendeurs concernant le lavage des mains était relativement faible comparativement à celles des serveurs et des serveuses de restaurant (44,3 % et 87,2 %, respectivement). En outre, environ 81,2 % des participants oubliaient toujours de se laver soigneusement les pouces, et 81,8 % ne se lavaient pas correctement le dos des mains. L’intervention multidimensionnelle de cette étude a permis d’améliorer les compétences et les comportements des travailleurs migrants concernant le lavage des mains. Les étapes clés devraient être consolidées pour renforcer l’effet de l’intervention. De plus, les personnes âgées devraient faire l’objet d’ une plus grande attention concernant leurs compétences en ce qui concerne le lavage des mains. (Global Health Promotion, 2017; 24(3): 32–39)
La relation entre l’exposition aux nouveaux médias et la consommation d’aliments issus de la restauration rapide parmi les enfants et les adolescents chinois à l’école : une comparaison entre les milieux ruraux et urbains
Contexte : Au cours de ces dernières décennies, la Chine a vu le nombre d’utilisateurs d’Internet augmenter de manière exponentielle, en particulier chez les plus jeunes, et a vu se multiplier rapidement les services de restauration rapide de type occidental. Les conséquences pour la santé de la disponibilité d’Internet et de la consommation d’aliments issus de la restauration rapide parmi les jeunes ont été largement étudiées dans les pays occidentaux, mais peu d’études se sont penchées sur la Chine.
Objectifs : Cet article a deux buts. Le premier est d’évaluer les différences au niveau de l’exposition aux nouveaux médias et des préférences pour les aliments issus de la restauration rapide dans les zones rurales et urbaines. Le second est d’évaluer l’association entre l’exposition aux nouveaux médias et la consommation d’aliments issus de la restauration rapide. Les cibles de cette analyse sont des enfants et des adolescents chinois âgés de 6 à 18 ans et qui fréquentant l’école au moment de l’entretien.
Méthodes : Des hypothèses de recherche ont été évaluées à l’aide de comparaisons des moyennes des groupes pour observer les différences entre les sous-échantillons ruraux et urbains, et de régressions logistiques avec des rapports de cotes pour estimer la relation entre l’exposition aux médias et les préférences pour des aliments issus de la restauration rapide. Les données intersectorielles de l’enquête Chine Santé et Nutrition 2009 ont été utilisées.
Résultats : Regarder des vidéos en ligne et jouer à des jeux sur l’ordinateur sont des comportements associés à des probabilités plus élevées de manger dans des services de restauration rapide, à la fois chez les jeunes habitants des milieux ruraux et urbains, avec des cotes plus élevées pour les zones rurales. Le « surf » sur l’Internet est associé à de plus fortes probabilités de se retrouver en surpoids à la fois dans les zones rurales et urbaines. Les résultats ont également montré que les enfants vivant dans les zones rurales passaient un temps considérablement plus élevé à jouer à des jeux sur ordinateur, à regarder la télévision et des cassettes vidéo, mais moins de temps à faire leurs devoirs que leurs pairs des zones urbaines.
Conclusions : Cet article suggère que la surveillance des effets nutritionnels de l’exposition aux nouveaux médias en Chine est d’une importance capitale pour développer des politiques de promotion de la santé adéquates, à la fois dans les zones rurales et urbaines. (Global Health Promotion, 2017; 24(3): 40–48)
Soutenir les programmes de recherche en éducation pour la santé dans les communautés autochtones
Même s’il y a des preuves qui montrent qu’il y a bien des interventions d’éducation pour la santé mises en place de façon continue dans les communautés des Premières Nations, il existe peu de travaux de recherche qui abordent spécifiquement la manière dont ces programmes devraient être conçus pour garantir leur durabilité et leurs effets à long terme. À l’aide d’une approche de recherche communautaire, une étude de cas collective a été réalisée auprès de trois communautés canadiennes des Premières Nations pour aborder la question de recherche suivante : quels facteurs sont liés aux programmes durables d’éducation pour la santé, et comment contribuent-ils à la réussite des programmes et/ou à les entraver dans un contexte autochtone ? Des entretiens semi-structurés et un cercle de partage ont été réalisés avec 19 participants, notamment avec des membres du leadership de ces communautés, des partenaires externes, des membres du personnel des programmes et des utilisateurs. Sept facteurs ont été identifiés qui promeuvent ou entravent la durabilité des programmes, à savoir : 1) l’adhésion de la communauté ; 2) les facteurs environnementaux ; 3) la sensibilisation des parties prenantes et leur soutien ; 4) la présence d’un défenseur ou d’un porte-parole ; 5) la disponibilité de financements ; 6) l’adéquation et la flexibilité; 7) des capacités et le développement des capacités. Chaque facteur fait l’objet d’une définition pratique, auquel sont associés des animateurs influents, et des questions clés pour l’évaluation. Cette étude est fondée sur les recherches existantes qu’elle développe, et peut être utilisée par les communautés des Premières Nations et les universités afin de soutenir une planification efficace en termes de durabilité des interventions communautaires d’éducation pour la santé. (Global Health Promotion, 2017; 24(3): 49–58)
Impliquer les jeunes dans l’Ouganda rural en formulant les priorités de santé à travers « Photovoice »
Les jeunes qui vivent dans l’Ouganda rural représentent plus de 20 % de la population du pays. Pourtant, malgré la taille de ce groupe démographique, les données sur leurs priorités de santé manquent. L’implication des personnes pour qu’elles comprennent leur propre situation de santé s’est avéré être un mécanisme efficace pour la promotion de la santé. L’objectif de cette étude était d’utiliser « Photovoice », une méthodologie de recherche-action participative et communautaire, pour comprendre les priorités de santé actuelles des jeunes qui vivent dans l’Ouganda rural. Nous avons recruté 32 élèves âgés de 13 à 17 ans dans quatre écoles de la région de Soroti, en Ouganda. On a donné aux participants un appareil photo jetable et on leur a demandé de photographier des situations qui contribuaient ou nuisaient à leur état de santé. Ensuite, les appareils-photo ont été rendus aux investigateurs, et chaque photo prise par les participants a été examinée par les investigateurs lors d’entretiens semi-structurés. Des codes ont été appliqués aux photographies et organisés en thèmes généraux. Chaque participant a choisi une à deux photos qui étaient les plus représentatives de leurs priorités de santé, pour faire une analyse secondaire. Les participants ont fourni 499 photos satisfaisant aux critères d’admissibilité. Les thèmes les plus fréquemment représentés dans les photographies étaient : « l’hygiène » (n = 73 ; 12,4 %), « la nutrition » (n = 69 ; 11,7 %) et « la propreté » (n = 48, 8 %). L’ « L’hygiène» (n = 6 ; 14,6 %) et « l’ exercice » (n = 6 ; 14,6 %) étaient les priorités les plus fréquemment formulées dans les photographies représentatives. « Photovoice » s’est avéré être une méthode efficace pour évaluer et exprimer les préoccupations de santé des jeunes dans l’Ouganda rural. Les participants à cette étude ont été capables de formuler leurs préoccupations et leurs priorités de santé à travers la photographie, et ont pu réfléchir à des opportunités pour la promotion de la santé, grâce aux entretiens qui ont suivi. (Global Health Promotion, 2017; 24(3): 59–67)
La réponse de la santé publique à l’urbanisme « à faire soi-même »
Une meilleure compréhension de la relation importante et complexe entre l’environnement construit et la santé humaine a fait des « lieux favorables à la santé » une préoccupation de santé publique et de promotion de la santé. Tandis que la littérature actuelle se concentre sur la création de lieux favorables à la santé à travers les voies décisionnelles habituelles, à savoir, la planification municipale de l’utilisation du territoire et les processus d’aménagement urbain, cet article s’intéresse à l’urbanisme « à faire soi-même » (ou « Do-It-Yourself » (DIY)) : un mouvement qui contourne les voies traditionnelles afin de, vraisemblablement, créer des lieux favorables à la santé et faire progresser la justice sociale. Bien qu’elles soient alignées avec plusieurs objectifs de promotion de la santé, les interventions d’urbanisme DIY sont généralement illégales et ont été catégorisées comme étant un type de désobéissance civile. Cela est problématique pour les représentants de la santé publique, qui peuvent apprécier les résultats de l’urbanisme de type DIY, mais ne soutiennent pas forcément les moyens par lesquels ils sont obtenus. A partir de la littérature, nous présentons une approche préliminaire de la prise de décisions de promotion de la santé dans ce domaine. Les représentants de la santé publique peuvent exprimer leur soutien aux interventions d’urbanisme DIY dans certains cas, mais doivent agir prudemment. (Global Health Promotion, 2017; 24(3): 68–70)
Le rôle de la famille dans la prévention des maladies non transmissibles en Afrique subsaharienne
Les maladies non transmissibles (MNT), y compris les facteurs de risque de maladies cardiovasculaires comme les diabètes et l’hypertension, sont en train de devenir un fardeau grandissant en Afrique subsaharienne; d’ici à 2030, on s’attend à ce que les MNT éclipsent les maladies transmissibles comme causes majeures de décès. Les diabètes et l’hypertension nécessitent une gestion quotidienne pour prévenir les accidents vasculaires cérébraux (AVC), les infarctus du myocarde ou d’autres complications telles que l’insuffisance rénale. En Afrique subsaharienne, la notion de famille est essentielle pour les comportements qui entourent la gestion des diabètes et de l’hypertension, comme prendre les médicaments prescrits et avoir les moyens d’acheter les objets correspondants. De nombreux comportements de gestion servent également de prévention primaire pour les diabètes et l’hypertension. Inclure la famille dans les stratégies de prévention primaire et secondaire des MNT en Afrique subsaharienne pourrait favoriser les interventions existantes en exposant l’ensemble de la famille à des méthodes de gestion des MNT positives, et en renforçant l’amélioration des résultats de la maladie pour les membres de la famille souffrant de MNT. En outre, l’inclusion de la famille pourrait encourager les comportements préventifs et par conséquent, accroître la prévention primaire des MNT parmi les autres membres de la famille. (Global Health Promotion, 2017; 24(3): 71–74)
Huile de caniveau : un aperçu des problématiques et des politiques chinoises en matière de sécurité alimentaire
La sécurité alimentaire est aujourd’hui au centre de l’attention partout dans le monde. En Chine, l’une des grandes préoccupations pour la sécurité alimentaire est l’utilisation de ce que l’on appelle “l’huile de caniveau”, c’est-à-dire de l’huile de cuisson usagée. Ce commentaire synthétise les incidents clés révélés au public par les médias et les politiques qui concernent cette huile de caniveau aux niveaux national, sous-national, provincial ou communal. Plusieurs défis auxquels le pays est toujours confronté dans sa lutte contre cette problématique sont identifiés, notamment le manque d’évaluation de la mise en œuvre et de l’effet des politiques, le manque de technologies efficaces pour détecter et recycler l’huile de caniveau, et le fait de passer sous silence l’effet nocif de cet huile sur la santé. Ce commentaire suggère que le renforcement de la mise en œuvre et de l’évaluation des politiques, l’amélioration des technologies de mesure et de recyclage et le lancement de campagnes de santé publique permettraient d’éliminer l’huile de caniveau des tables chinoises. (Global Health Promotion, 2017; 24(3): 75–78)
Tabagisme en Chine : est-ce le commencement de la fin ? Défis, contexte et changement
Le tabagisme en Chine est une menace importante pour la santé dans son ensemble et après de nombreuses années de piètre mise en œuvre de la lutte contre le tabac, les attitudes sont en train de changer vers un mieux et des actions conséquentes pourraient être sur le point de suivre. Ce commentaire examine l’impact du tabac et l’histoire récente de la lutte antitabac en Chine, de même que le contexte et les implications d’une nouvelle législation encourageante. (Global Health Promotion, 2017; 24(3): 79–83)
Sens de la cohérence et cartographie des atouts et des ressources chez de jeunes détenus de la communauté de Valence en Espagne
Cette étude a été réalisée à partir de l’approche de la salutogenèse en ayant comme objectif de déterminer le Sens de la Cohérence (SOC) et de recenser chez de jeunes détenus de la communauté valencienne en Espagne leurs atouts et les ressources pour la santé dont ils disposent en eux dans le but de promouvoir la santé auprès de cette population. Le test SOC-13 a été utilisé de même qu’un questionnaire de questions ouvertes élaboré dans ce but précis que des jeunes prisonniers de 18 à 22 ans des trois centres pénitentiaires de la région se sont auto administré. 124 jeunes hommes (il n’y avait pas de femmes) ont participé en en recueillant des variables sociodémographiques et pénitentiaires.
Dans l’analyse quantitative, les variables par catégorie ont été exprimées en fréquences absolues et relatives ; les quantitatives au moyen de mesures avec des intervalles de confiance (IC) de 95%. Une étude comparative bivariée utilisant la loi t de Student, les tests ANOVA, Wilcoxon et du Chi-deux a été réalisée. A partir du questionnaire de questions ouvertes, on a réalisé une analyse qualitative descriptive thématique des atouts/ressources identifiés en les classant en : intérieurs (ressources personnelles, en relation avec les autres et capacité d’avoir des comportements favorables à la santé) et extérieurs (personnes, groupes, institutions et espaces physiques, situés à la fois à l’intérieur et à l’extérieur de la prison).
L’âge moyen était de 21,1 ans (IC de 95% : de 20,8 à 21,3) et le SOC de 52,4 (IC de 95% : de 50,5 à 54,3) avec 13 comme valeur minimum et 91 comme valeur maximum du test. Les prisonniers du centre pénitentiaire qui offrait le plus d’activités scolaires et sportives ont obtenu un meilleur score en termes d’importance du SOC (p=0,024) et les prisonniers immigrants ont obtenu un SOC supérieur (p=0,037) par rapport aux espagnols dans les trois centres. Les jeunes ont identifié des actifs/ressources internes qui qualitativement sont liés aux dimensions de compréhension, de maîtrise et d’importance significative du SOC. Comme actifs/ressources externes sont identifiés surtout les amis, la famille et les espaces dédiés à l’activité physique-sportive à la fois en prison et hors les murs. Ces actifs/ressources et leurs liens entre eux pourraient être pris en compte dans la conception d’interventions futures de promotion de la santé. (Global Health Promotion, 2017; 24(3): 112–121)
