Abstract

Différences entre l'activité physique de loisir, la qualité de vie liée à la santé et la satisfaction à l’égard de la vie : l'expérience naturelle « Al Ritmo de las Comunidades », en Colombie
S.C. Barradas, C. Finck Barboza et O. L. Sarmiento
L'inactivité physique est l'un des plus importants problèmes de santé publique à travers le monde. Les interventions communautaires ont été soulignées comme des stratégies prometteuses pour accroître les niveaux d'activité physique (AP) et avoir ainsi un impact sur la santé de la population. «Recreovía» est un programme communautaire qui dispose du potentiel de promouvoir l'AP. De plus en plus de données probantes attestent de deux bénéfices qui découlent de la pratique de l'AP : une plus grande perception de la qualité de vie liée à la santé (QdVLS) et de la satisfaction à l’égard de la vie (SV). Le but de cette étude était d'évaluer les différences entre l'AP de loisir et les perceptions à la fois de la QdVLS et de la SV. Il s'agissait aussi d'évaluer les différences entre les perceptions à la fois de la QdVLS et de la SV pour les participants de «Recreovía» et les non participants. Les données ont été obtenues à l'aide d'une enquête intersectorielle de référence menée auprès de 1533 participants (dont 501 appartenaient au groupe d'intervention) dans le cadre de l'expérience naturelle «Al Ritmo de las Comunidades». La QdVLS a été mesurée au moyen du questionnaire en 30 points de l'Organisation européenne pour la recherche et le traitement du cancer, la SV a été mesurée à l'aide de l'échelle de satisfaction de la vie, et le temps d'AP de loisir auto-rapporté a été mesuré avec la version longue du Questionnaire international sur l'activité physique. L'âge moyen des participants était de 41,7 ans (DS = 16,3). Globalement, les participants avaient une bonne QdVLS et une bonne SV. Le temps moyen d'AP de loisir était de 158,1 minutes (DS = 230,2) par semaine. Les résultats ont montré que ceux des participants qui rapportaient des niveaux d'AP de loisir plus élevés rapportaient également une SV significativement plus élevée (M = 41,9 ; DS = 35,0) que les participants présentant des niveaux plus faibles (M = 37,6 ; DS = 34,2) (t[1532] = −2,36, p < 0,01). Il n'y avait pas de différences statistiques au niveau de la perception de la QdVLS et de l'AP de loisir (t[1532] = −1,03, p = 0,30), même si les personnes actives avaient des scores plus élevés. Les scores de QdVLS et de SV étaient tous les deux plus élevés chez les personnes qui participaient à «Recreovía» (p < 0,001). Des scores de SV plus élevés étaient trouvés dans le groupe avec un temps d'AP de loisir plus important, tandis que la QdVLS ne présentait pas de différences. On on a retrouvé de meilleurs indices de bien-être psychologique dans le groupe «Recreovía». (Global Health Promotion, 2019; 26(2): 5–14)
Des collégiens uruguayens s'expriment au sujet du tabac : les résultats de discussions de groupes à Montevideo et dans ses environs
E. Peterson, M. Harrell, A. Springer, J. Medina, L. Martinez, C. Perry et D. Estol
Cette étude de recherche qualitative a examiné les facteurs intrapersonnels, interpersonnels et environnementaux qui déterminent les comportements des jeunes adolescents en matière de tabagisme en Uruguay. Des discussions en groupes ont été menées au cours de l'été 2012 et de l'automne 2013 dans quatre établissements d'enseignement secondaire de Montevideo, en Uruguay, soit 2 écoles privées et 2 écoles publiques. Au total, 4 groupes de discussion comprenant 4 à 6 élèves chacun ont été organisés dans chaque école, ce qui fait 16 groupes au total. L'analyse des données a utilisé un logiciel NVivo et a inclus l'analyse de contenu déductive et inductive. Les élèves ont rapporté massivement qu'ils avaient commencé à fumer au cours de leur deuxième année d'enseignement secondaire. Les principaux facteurs intrapersonnels que l’on a retrouvé de manière universelle chez tous les participants ont permis d’établir que le tabagisme était une activité qu’ils pratiquaient en groupe dans le but de capter l'attention de leurs pairs. Les élèves interrogés ont affirmé le plus souvent que les facteurs interpersonnels les plus importants pour motiver le tabagisme étaient l'envie de paraître plus âgé, une sorte de droit de passage et pour adhérer à un groupe. Les facteurs environmentaux cités le plus souvent ont montré qu'ils fumaient durant le temps où ils n’étaient pas surveillés, soit le soir, soit avant/après la courte journée d'école uruguayenne. Les entretiens en groupes ont révélé que les adolescents avaient facilement accès à des cigarettes qu'ils pouvaient acheter par le biais de petites épiceries familiales et ce, malgré l'existence de lois interdisant la vente de cigarettes aux mineurs. Pour ce qui est de la consommation de cigarettes chez les adolescents, peu de différences d'ordre social ont été mentionnées. C’est surtout au niveau du genre que des différences étaient visibles, bien que certaines différences aient été observées lorsqu’on stratifiait par école publique et privée. Les résultats de cette étude indiquent que les facteurs clés à travers les niveaux écologiques (intrapersonnels, interpersonnels, et environnementaux) devraient être pris en considération au moment de concevoir des programmes de prévention du tabagisme à destination des jeunes en Uruguay. Une approche à plusieurs composantes qui aborde les facteurs de risque à tous ces niveaux, mise en œuvre dans les établissements scolaires, pourrait être particulièrement bien adaptée à ce contexte. (Global Health Promotion, 2019; 26(2): 15–24)
Corrélations sociodémographiques entre l'activité physique et le temps passé devant les écrans chez les adolescents au Canada et au Guatemala : les résultats du système COMPASS
E-Y. Lee, S. Hunter, S. T. Leatherdale et V. Carson
Cette étude voulait comparer les niveaux d'activité physique (AP) et de comportement sédentaire (CS) des adolescents canadiens et guatémaltèques, et examiner les associations des variables sociodémographiques avec l'AP et le temps passé devant les écrans chez les adolescents au Canada et au Guatemala. Les données intersectorielles auto-rapportées par les élèves de l'enseignement secondaire qui ont participé à l'étude COMPASS 2015 (Canada, n = 39,817 ; âge moyen = 15,61 ans) et à COMPASS-Guatemala (n = 1,221 ; âge moyen = 15,08 ans) ont été utilisées. Les variables sociodémographiques incluaient l'âge, le genre, l'appartenance ethnique (uniquement pour les Canadiens) et l'argent de poche hebdomadaire. Les variables de résultat incluaient le respect de lignes directrices pour l'AP (⩾ 60 min/jour) et de recommandations sur le temps passé devant les écrans (< 2 h/jour) dans le cadre des lignes directrices pour le CS, ainsi que la participation à des sports organisés à l'intérieur et à l'extérieur de l'école. Des tests du khi-carré, des régressions logistiques et linéaires ont été utilisés pour tester les objectifs de l'étude. Les proportions des participants respectant les lignes directrices pour l'AP étaient de 48,7 % et de 41,3 % pour les Canadiens et les Guatémaltèques, respectivement. Les adolescents guatémaltèques étaient plus nombreux que les adolescents canadiens à respecter les recommandations sur le temps passé devant les écrans (24,9 % contre 16,5 %). Chez les Canadiens, le fait d'être plus âgé, d'être un garçon, de ne pas être blanc, et de disposer d'un argent de poche équivalent à 0–5 $/indéterminé était associé au respect des lignes directrices pour l'AP. Le genre (le fait d'être un garçon) était la seule variable associée au respect des lignes directrices pour l'AP chez les adolescents guatémaltèques. Chez les Canadiens, le fait d'être plus âgé, d'être un garçon, de ne pas être blanc, et de disposer d'un argent de poche équivalent à 0–5 $/indéterminé était associé à une participation sportive organisée. Chez les Guatémaltèques, le fait d'être âgé de 15 à 16 ans et de disposer de 0-35 quetzals/indéterminé d'argent de poche était associé à une participation sportive de compétition à l'école. Le fait d'être un garçon était associé à une participation sportive de loisir à l'école ou à des sports d'équipe en dehors de l'école. Le fait d'être plus âgée, d'être une fille, de ne pas être blanche, et de disposer de ⩾ 6 $ d'argent de poche était associé au respect des recommandations sur le temps passé devant les écrans dans le groupe des Canadiens. Le fait d'être plus âgé et de disposer de ⩾ 150 quetzals d'argent de poche était associé au respect des recommandations sur le temps passé devant les écrans chez les adolescents guatémaltèques. Ces résultats peuvent informer les chercheurs et les responsables politiques lorsqu'ils développent des interventions ciblées spécifiques pour certains pays, et des programmes destinés à promouvoir des modes de vie physiquement actifs. (Global Health Promotion, 2019; 26(2): 25–35)
Des pays plus heureux, des vies plus longues : une étude écologique de la relation entre le bien-être subjectif et l'espérance de vie
G. F. Evans et E. Z. Soliman
La relation entre le sentiment de bien-être et la longévité n'est pas bien établie à travers les populations de différents niveaux socioéconomiques. Nous avons cherché à examiner la relation entre le bonheur, ou bien-être subjectif (BES), et l'espérance de vie à l'aide de données issues de 151 pays. Cette analyse est basée sur le projet d'Indice de planète heureuse 2012 (Happy Planet Index, HPI) mené par le Centre du bien-être de la Fondation pour la nouvelle économie (New Economics Foundation), basée au Royaume-Uni. Des données sur le bien-être ont été recueillies pour chaque pays à partir des réponses données à la question de « l’échelle de satisfaction de la vie » du Sondage mondial Gallup 2012, dans laquelle on a demandé aux participants d'évaluer leur qualité de vie sur une échelle de 1 (la pire vie possible) à 10 (la meilleure vie possible). Les données sur l'espérance de vie et le produit intérieur brut (PIB) proviennent des dossiers des Nations Unies 2011. Les données qui concernent l'empreinte écologique (EE) proviennent des dossiers du Global Footprint Network. Le BES était fortement correlé à l'espérance de vie (corrélation de Pearson r = 0,71 ; p < 0,0001). Dans un modèle de régression linéaire à plusieurs variables ajusté en fonction du PIB, de l'EE et de la population, chaque unité de l'échelle de bien-être était associée à une augmentation de l'espérance de vie de 4,0 années (IC à 95 % = 2,7 ; 5,3). En conclusion, un meilleur sentiment de bien-être est fortement lié à l'espérance de vie indépendamment du statut économique ou de la taille de la population, ce qui suggère que les gouvernements devraient favoriser le bonheur s’ils veulent soutenir des populations qui vivent longtemps. (Global Health Promotion, 2019; 26(2): 36–40)
Les fondamentaux de la collaboration intersectorielle pour le changement social afin de promouvoir la santé de la population
J.de Montigny, S. Desjardins et L. Bouchard
On compte de plus en plus sur la collaboration intersectorielle pour aborder les problèmes urgents et compliqués de la société. Au premier plan des problèmes sociétaux figurent les déterminants sociaux et structurels défavorables de la santé. La capacité à changer positivement ces déterminants de la santé repose sur les processus collaboratifs et les structures de gouvernance qui sont en place à travers différents secteurs de la société. Le but de cet article est de présenter un cadre de référence conceptuel qui met en lumière les exigences de base de la collaboration intersectorielle pour le changement social afin de promouvoir la santé des populations. Une recherche des articles théoriques sur la collaboration intersectorielle dans les domaines de l'administration publique et de la santé publique a été menée au sein des bases de données académiques ABI/INFORM Complete et MEDLINE. Cette stratégie de recherche a été complétée par une exploration de la littérature grise sur Internet pour trouver des modèles de haut niveau de collaboration intersectorielle. Le cadre de référence conceptuel s'appuie sur un travail académique préalable en mettant l'accent sur cinq conditions essentielles pour un impact collectif, et sur le rôle central de l'apprentissage collectif. Celui-ci, à la base de la planification et de l'action, est au cœur des initiatives intersectorielles efficaces, en particulier du fait de son rôle essentiel pour adapter constamment ses stratégies afin de transformer les circonstances et les situations non anticipées en systèmes socioécologiques complexes. (Global Health Promotion, 2019; 26(2): 41–50)
La relation entre les communiqués de presse et la couverture journalistique des problématiques liées au tabac en Corée du Sud
K. S. Cho et J. Yoon
Cette étude a examiné une association entre les communiqués de presse et la réponse médiatique aux problématiques liées au tabac en Corée du Sud. Nous avons recueilli 231 articles de journaux en rapport avec le tabac, tirés des principaux quotidiens tout au long de l'année 2005. Au total, 37 communiqués de presse portant sur des problématiques et des politiques liées au tabac publiés par le Ministère coréen de la Santé et de la Protection sociale ont été recueillis par le biais du site Web du Ministère. Une analyse de contenu et des tests statistiques appropriés ont été réalisés. Les résultats de notre analyse de contenu suggèrent que le fait de produire davantage de communiqués de presse portant sur des problématiques liées au tabac peut entraîner un plus grand volume d'articles de journaux sur le sujet, et qu'un communiqué de presse sur une question d'actualité peut donner lieu à une couverture médiatique plus intense. Les résultats montrent également que lorsque les articles de journaux coréens ont exprimé globalement des opinions moins favorables sur des politiques et des programmes liés au tabac en 2005, la taxation était le thème le plus fréquent à propos duquel une opinion défavorable était exprimée. Les résultats de nos modèles de régression logistique à plusieurs variables impliquent qu'un article de journal ayant pour source un communiqué de presse – en particulier au sujet d'une problématique d'actualité – est plus susceptible d'aborder les problématiques liées au tabac de manière positive qu'un article sans communiqué de presse à la source. Nos résultats suggèrent qu'un communiqué de presse peut servir de stratégie médiatique efficace pour atteindre le public en diffusant les efforts et les politiques de lutte contre le tabac. (Global Health Promotion, 2019; 26(2): 51–60)
L'apprentissage en groupe chez les soignants : évaluer les connaissances des mères avant et après une intervention pour la petite enfance dans le Guatémala rural
G. J. Domek, B. Macdonald, C. Cooper, M. Cunningham, M. Abdel-Maksoud et S. Berman
Contexte : Les trois premières années de la vie sont une période essentielle pour la croissance et le développement du cerveau. Les interventions menées auprès des soignants durant cette période dans le but d'améliorer la santé et le développement de la petite enfance ont le potentiel d'améliorer le bien-être physique, mental et social de l'enfant.
Méthodes : Il s'agissait de l'évaluation pré-test/post-test d'un programme quasi expérimental. Du matériel pédagogique sur la petite enfance a été adapté afin de créer deux interventions distinctes composées de discussions à l'aide de tableaux interactifs de 30 pages afin d'éduquer les mères sur des questions de santé et de développement pertinentes pour des enfants âgés de 0–6 mois et de 6–12 mois. Trois agents de santé communautaires ont mené les discussions avec des groupes de 5 à 8 mères. De courtes évaluations des apprentissages ont été distribuées individuellement à chaque mère avant l'intervention (pré-test), immédiatement après l'intervention (post-test 1), et deux semaines après l'intervention (post-test 2). Des enquêtes démographiques et des discussions en groupe ont été organisées avec toutes les participantes.
Résultats : Les mères (n = 77) avaient un âge moyen de 33,6 ans et avaient une moyenne de 3,6 enfants vivants. La plupart des mères (71 %) avaient reçu une éducation primaire, mais 23 % d'entre elles n'avaient jamais été scolarisées. Pour l'évaluation des apprentissages du tableau destiné aux 0–6 mois (n = 38), le score pré-test moyen était correct à 77 %. Le score post-test 1 moyen s'améliorait jusqu'à 87 % (p < 0,0001), et le score post-test 2 moyen s'améliorait encore pour atteindre les 90 % (p = 0,01). Pour l'évaluation des apprentissages du tableau destiné aux 6–12 mois (n = 39), le score pré-test moyen était de 78 %. Le score post-test 1 moyen s'améliorait jusqu'à 89 % (p < 0,0001), et le score post-test 2 moyen s'améliorait encore pour atteindre les 92 % (p = 0,03).
Conclusions : Les mères d'une région défavorisée du sud-ouest du Guatemala ont augmenté leurs connaissances sur les questions liées à la santé des enfants de manière significative suite à une discussion interactive en groupe de courte durée. Les mères ont encore augmenté leurs connaissances deux semaines après l'intervention, sans ré-exposition spécifique au matériel de l'intervention, ce qui suggère une assimilation et une consolidation informelle par le biais de l'apprentissage en groupe avec les autres mères de leur communauté. (Global Health Promotion, 2019; 26(2): 61–69)
Un examen systématique de la technologie électronique portable au service de l'éducation pour la santé dans des contextes aux ressources limitées
M. S. McHenry, L. J. Fischer, Y. Chun et R. Vreeman
Objectif : L'objectif de cette étude était de mener un examen systématique de la littérature portant sur la manière dont les technologies électroniques portables munies de fonctionnalités hors ligne sont perçues et utilisées à des fins d’éducation pour la santé dans des contextes aux ressources limitées.
Méthodes : Trois examinateurs ont évalué les articles et ont réalisé une recherche bibliographique afin d'identifier des études décrivant de l’éducation pour la santé délivrée au moyen d'appareils électroniques portables munis d’une fonctionnalité hors ligne dans des pays à faibles ou moyens revenus. Les données extraites incluaient: la population de l'étude ; la conception de l'étude et le type d'analyse ; le type de technologie utilisée ; la méthode d'utilisation ; le contexte d'utilisation de la technologie ; l'impact sur les soignants, les patients, ou les résultats de santé globaux ; et les limites rapportées.
Résultats : Les recherches ont produit 5514 titres uniques. Sur 75 articles complets examinés de manière critique, 10 correspondaient aux critères d'inclusion. Les localisations des études incluaient le Botswana, le Pérou, le Kenya, la Thaïlande, le Nigéria, l'Inde, le Ghana et la Tanzanie. Les sujets abordés incluaient: le développement de modules de formation pour les professionnels des soins de santé, des outils de soutien à la décision clinique, des outils d'éducation du patient, les perceptions et la facilité d'utilisation des technologies électroniques portables, et des comparaisons entre technologies et/ou applications mobiles. Les études se concentraient principalement sur l'évaluation des modules pédagogiques développés sur les connaissances en santé des apprenants, les perceptions et la facilité d'utilisation de la technologie, et les comparaisons des technologies. Dans l'ensemble, les études rapportaient des résultats positifs en termes d’éducation pour la santé délivrée à partir d’appareils électroniques portables, et rapportaient fréquemment les connaissances accrues du prestataire/patient, de meilleurs résultats le patient à la fois concernant la qualité des soins et la gestion, un niveau de confort plus élevé du prestataire avec la technologie, et un environnement caractérisé par des niveaux accrus de situations d'apprentissage informel basé sur la technologie. Les points négatifs incluaient les coûts d'investissement élevés, le manque de soutien technique, et la crainte du vol des appareils.
Conclusions : Si la recherche est limitée, les ressources pédagogiques sur support électronique portable présentent des voies prometteuses pour accroître l'accès à une éducation pour la santé efficace dans des contextes aux ressources limitées, à condition de développer un matériel culturellement adapté et fonctionnel qui pourra être utilisé sur de tels appareils. (Global Health Promotion, 2019; 26(2): 70–81)
Programmes de promotion de la santé et de viabilité en Australie : les facteurs qui entravent et qui facilitent l'évaluation
R. Patrick et J. Y. Kingsley
À une époque qui se caractérise par les impacts néfastes du changement climatique et de la dégradation environnementale, les programmes de promotion de la santé commencent à relier activement la santé humaine et les impératifs en termes de viabilité environnementale. Cet article présente une étude portant sur des programmes de promotion de la santé et de viabilité en Australie, en fournissant des aperçus des approches d'évaluation utilisées, et des facteurs qui entravent et favorisent ces évaluations. L'étude était basée sur une recherche multistratégique impliquant à la fois des méthodes quantitatives et qualitatives. Des praticiens de la promotion de la santé expliquaient par le biais d'enquêtes et d'entretiens semi-structurés qu'ils se concentraient sur cinq types de programmes de santé et de viabilité primordiaux (alimentation saine et durable, transport actif, efficacité énergétique, contact avec la nature, et développement des capacités). Plusieurs méthodes d'évaluation et indicateurs (de santé, sociaux, environnementaux, économiques et démographiques) ont été identifiés comme étant importants pour le contrôle et l'évaluation des programmes de santé et de viabilité. Les résultats ont identifié plusieurs facteurs favorables de l'évaluation tels que l’engagement positif de la communauté, la connaissance des questions de santé et de viabilité et des programmes champions, tandis que les obstacles incluaient les contraintes en matière de ressources et les intérêts divergents. Cet article met en évidence le besoin de modèles écologiques et d'outils d'évaluation pour soutenir la conception et le contrôle des programmes de promotion de la santé et de viabilité. (Global Health Promotion, 2019; 26(2): 82–92)
Mesurer l’empowerment : une tâche difficile
R. Cross, J. Woodall et L. Warwick-Booth
L'empowerment est au cœur de la promotion de la santé ; cependant, il y a un manque de consensus dans la littérature concernant la manière de le définir et à quel niveau il peut survenir. Cette incohérence des définitions entraîne inévitablement des difficultés lorsqu’il s’agit de mesurer l'empowerment, et il va falloir les aborder si cela est aussi important qu'on le prétend. Cet article discute des complexités que représente la mesure de l'empowerment et propose plusieurs recommandations pour les chercheurs et les responsables politiques quant à la manière d'y parvenir, en soulignant certaines des tensions qui pourraient survenir entre les considérations théoriques, la recherche et la pratique. Nous affirmons que l'empowerment est une construction culturellement et socialement définie et que cela doit être pris en compte lorsqu'on tente de le mesurer. Enfin, nous concluons que, pour développer la base de données probantes à l'appui de l'empowerment, des recherches sont nécessaires afin de définir clairement ce que c'est et comment on le mesure. (Global Health Promotion, 2019; 26(2): 93–96)
