
Editorial
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Inclusive research with communities and people in unfavourable societal positions has long sought to foster collaborative knowledge production. Notwithstanding the progress made – particularly in action-oriented research – ensuring that participants’ agency is fully supported and that research translates into tangible outcomes remains a complex endeavour. Reflecting on a co-creative research project with socio-economically vulnerable participants in Brussels (2018–2022), this article suggests how the challenge of meaningful collaboration can be navigated by effectively engaging with participants’ agency, emphasizing their decision-making power, ethical pluralism, practical needs, and the concrete pathways for (long-term) change. Using Participatory Agency Research (PAR), the benefits of deliberative, participant-driven discussions are explored through the complexities of the research process. This includes negotiating the reasons why many participants initially declined involvement, the necessary sensitivity to develop trust and overcome this, and the methodological reflexivity required to better account for participants’ needs in context-specific ways – not least the specific complications of undertaking collaboration at the height of the pandemic. This article contributes to ongoing discussions on how methodologies can be adapted, and reflects on what makes inclusion meaningfully ‘inclusive’ from the participants’ perspective.
Les méthodes d’audit statistique électoral (« electoral forensics ») cherchent à détecter les anomalies statistiques dans les résultats de scrutins, le plus souvent en les comparant à une référence de « normalité ». En passant en revue les principales approches, l’article montre les difficultés inhérentes à la construction d’un tel référentiel, en particulier lors d’élections locales (avec peu d’unités d’observation) et dans les pays démocratiques où l’on ne peut s’attendre à des irrégularités massives. Pour résoudre ce problème, on propose l’utilisation de deux méthodes simples analysant la distribution en fréquence des taux de participation, donnée facilement accessible et sensible aux circonstances exceptionnelles (crises, fraude, etc.). La première consiste à générer une distribution structurelle à partir de la moyennisation des élections précédentes. La deuxième cherche à modéliser le patron d’évolution d’une année à l’autre de façon à générer une prévision pour la dernière élection. Les deux méthodes sont ensuite testées sur les résultats des élections municipales françaises et ceux des élections présidentielles américaines en 2020, pour lesquelles la participation a été affectée par l’épidémie de COVID. On montre que les deux méthodes peuvent permettre de révéler des écarts sortant de l’ordinaire, ou, au contraire, contribuer à invalider les soupçons d’irrégularités.
This study explores the utility of metered data, a specific form of digital trace data, for analyzing online job-seeking behaviors in Spain. Using nine months of data from 600 participants, it evaluates which job search-related concepts can be measured and the impact of two factors on the resulting indicators: the devices used to gather the data and the data collection period. Findings reveal that metered data can effectively operationalize concepts like job search effort and platform use, avoiding recall biases inherent in surveys. However, offline-dependent concepts like reemployment efficacy and subjective concepts like job-search anxiety remain unsuitable for metered data. Additionally, metered data collected from online panels allow comparisons of indicators among groups defined by profiling information and online behaviors. Results are sensitive to researchers’ decisions regarding the type of devices tracked (PC vs. mobile) and the extent of the data collection period. Researchers should try to gather data from both types of devices and ensure the data collection period is long enough to allow robust estimations of the concepts of interest. By exploring online job searches, this research shows metered data's potential to enhance the understanding of online activities, offering precise and granular insights that can complement or replace conventional survey methods. Understanding online behavior is increasingly critical as many daily activities, such as job searches, which have significant societal and individual impacts, transition to digital platforms.
Cet article présente les défis méthodologiques et juridiques rencontrés lors du déploiement de l’enquête SAFEDUC. Cette recherche par questionnaire ambitionne de mesurer l’exposition aux violences sexistes et sexuelles des populations étudiantes de Sciences Po et Université Paris Cité. S’agissant de la méthode, les difficultés consistent à construire un questionnaire permettant aux personnes répondantes de reconnaitre leur vécu dans les formes de violences énoncées tout en assurant un minimum de comparabilité avec les enquêtes existantes. La liste des faits recensés dans l’enquête soulève des questions juridiques, car certains sont qualifiables légalement. Se pose alors la question de l’obligation de signalement au Procureur de la République et donc de la levée l’anonymat des personnes répondantes. Cette obligation légale entre en contradiction avec l’éthique professionnelle implicite qui irrigue les activités de recherche. Enfin le principe de transparence du règlement général sur la protection des données (RGPD) exige que si cette obligation est avérée, les personnes répondantes doivent en être informées en amont. L’ensemble de ces contraintes et incertitudes juridiques nuit à la production de connaissances fiables sur des thématiques sensibles. Nous proposons des pistes pour clarifier le cadre légal régissant les activités de recherche, afin de protéger les équipes de recherches, les participant·es et de renforcer la qualité des productions scientifiques.
Si on observe ces dernières années un essor des travaux qui articulent méthodes qualitatives et méthodes quantitatives, on compte encore peu d’études sur l’univers carcéral qui s’appuient sur des méthodes mixtes. À partir d’une étude empirique sur la mixité de genre en prison, nous voudrions montrer tout l’intérêt qu’il y a pourtant à croiser les méthodes et les sources pour appréhender des espaces et des organisations relativement fermés comme l’institution pénitentiaire. En reprenant certains des résultats obtenus dans le cadre de cette recherche, qui s’appuie sur des données ethnographiques (issues d’entretiens et d’observations) et quantitatives (issues de questionnaires), il s’agira de montrer comment adopter une
